Requiem pour le Virgin Megastore

économie Des salariés du magasin de la rue du 22-Novembre iront manifester à Paris ce lundi

Thomas Calinon

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Les gilets dans la vitrine masquent des rayons à moitié vides.

Les gilets dans la vitrine masquent des rayons à moitié vides. — G. Varela/20 Minutes

«Elsa, 2010-2013 », « Sofi, 1999-2013 », « Julie, 2003-2013, RIP »… Dans la vitrine du magasin Virgin Mégastore, rue du 22-Novembre à Strasbourg, des gilets rouges recouverts d'inscriptions funéraires sont suspendus. Sur le mur de grès, une main a tracé à la craie orange les mots : « Virgin, assassin d'emplois ». On y trouve aussi une affiche représentant la Faucheuse, avec l'inscription : « Virgin Megastore, 1988-2003 ».

A l'approche de la fermeture, huit des vingt-cinq personnes travaillant sur place iront manifester ce lundi à Paris, aux côtés de collègues venus de toute la France. Le tribunal de commerce doit normalement se prononcer dans la journée sur les offres de reprise de certains des magasins de l'enseigne culturelle. A Strasbourg, les salariés n'en attendent pas grand-chose. « On ne sait pas si on fait partie des neuf magasins qui pourraient être repris par Vivarte », spécialiste du prêt-à-porter et des chaussures, explique Guido Martins, délégué FO.

« Ni crainte, ni espoir »

« On a ni crainte, ni espoir, on a juste le sentiment d'arriver au bout d'un processus, poursuit le délégué du personnel. Les gens ici ont la passion du métier et s'il y a un repreneur, ce sera pour faire complètement autre chose. Alors, ça ne nous enchante pas vraiment, et on est plutôt dans l'optique d'obtenir un plan social digne de ce nom. Parce qu'avec les indemnités légales, on n'ira pas loin.»

Ce sera le combat des prochaines semaines. En attendant, il faut continuer à travailler, au milieu des rayons à moitié vides (lire ci-contre) et des rares clients. Selon le délégué du personnel, le temps de travail a été réduit à 28 heures par semaine.

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