C'est vrai que c'est parfois pénible. Entre Sélestat et Colmar, les poids lourds ne se préoccupent guère des automobilistes au moment de déborder un collègue routier, sur une route défoncée – déjà génératrice de stress. Sur ce tronçon de 22 km, la préfecture et la Dir-Est ont donc décidé de sortir l'artillerie lourde : limitation à 80 km/h et interdiction de dépasser, étendue aux poids lourds de 3,5 tonnes, les 19 tonnes étant déjà concernés.
Près de 10 000 camions par jour
Ce bout de route, qui accueille 9 000 poids lourds par jour en moyenne, ne dispose pas d'itinéraire alternatif. Il fallait du « pragmatisme, explique le préfet Pierre-Etienne Bisch. Dans cette zone, il faut mettre en place toute une stratégie quand on veut prendre une sortie… Il s'agit donc de mettre des règles quand elles sont nécessaires. ». Le représentant de l'Etat a par ailleurs souligné que cette mesure « ne préfigurait pas un alignement sur toute l'Alsace de la limitation à 110 pour les véhicules légers et à 80 pour les poids lourds. »Dans les faits, si le tronçon est théoriquement limité à 130, son état de dégradation avancé a déjà conduit les responsables à l'abaisser à 110 km/h.
Retour aux camions. Le dispositif, discuté avec les transporteurs, a été plutôt bien accueilli par les professionnels. « Pour eux, 80 km/h, c'est proche de l'optimum économique par rapport aux performances actuelles des moteurs. » A noter que seuls 15 % des poids lourds qui fréquentent l'axe ne s'arrêtent à aucun moment en Alsace. La signalisation sera mise en place à partir du 19 septembre. Les gendarmes seront vigilants les premières semaines et un radar pourrait faire son apparition rapidement. Les services estiment qu'il y aura moins de pollution, et même moins de bruits de roulement. Quoi que. Si le but de fluidification du trafic est atteint, la vitesse moyenne des automobilistes pourrait finalement… augmenter.
Des travaux préparatoires ont eu lieu cet été, en vue d'un gros chantier, qui s'étendrait sur 4 à 5 ans. « Techniquement, on est prêt », glisse Georges Tempez, le directeur de la Dir-Est. Reste à trouver 30 à 40 millions d'euros.