Combien pour un domaine alsacien ?

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Publié le 10 septembre 2012.

Patrimoine Dans le Bordelais ou en Bourgogne, les étrangers font main basse sur le vignoble

La récente vente du domaine de Gevrey-Chambertin, l'un des Bourgogne les plus réputés, à un investisseur chinois pour 8 millions d'euros, a mis en lumière un phénomène de fond : le vignoble français est de moins en moins « familial ». A une exception près, semble-t-il : l'Alsace. « Ici, on n'est pas du tout dans un schéma de société, comme parfois dans le Bordelais ou en Bourgogne, explique Jean-Louis Vézien, le directeur du Conseil Interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA). Il y a peu d'investisseurs extérieurs, et surtout, très peu de mouvements sur les grands crus. »

Le plus cher après la Champagne
Car c'est là que tout se joue. Les investisseurs cherchent une image. Pas forcément la rentabilité. « Le rendement financier n'est pas très élevé, avance Vincent Sipp, du domaine Agapé à Riquewihr. La terre, c'est un outil de travail, ça me gêne de mettre un prix derrière. » Le chiffre existe pourtant. En moyenne, un hectare de vignes plantées vaut 130 000 euros dans la région, 60 000 pour le terrain non classé. Un tarif (hors bâti) qui fait de l'Alsace « le vignoble le plus cher derrière celui de Champagne à un million d'euros l'hectare. » La raison ? Un terroir homogène, contrairement au sud-ouest, où quelques grands noms, type Château Margaux ou Mouton Rothschild, masquent la masse des petits domaines inconnus aux vignes mal exposées. « Du coup, en Alsace, les terrains les plus chers ne sont pas liés au nom du domaine, mais au classement du terroir (géographie, lieu-dit, grand cru, etc.) » Il est en outre très difficile de mettre une somme sur les « noms » alsaciens, comme Dopff, Seppi Landmann ou Arthur Metz. Pour ce dernier, le seul terroir de Sainte-Marguerite, de près de 9 hectares, s'échangerait à plus d'un million d'euros. Sans compter toute la valorisation marketing et industriel du site.

Sébastien Ruffet
Une reprise des échanges

Après une année 2010 atone, les transactions ont connu un surcroît d'achat de 30 %. Malgré cela, la restructuration du vignoble est en retard et reste très éclatée. Une force (qualité du vin) pour certains, une réelle faiblesse (concurrence internationale) selon d'autres.

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