Pour Jean-Pierre Dick, «il faut plusieurs mois pour se remettre du Vendée Globe»

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Publié le 7 février 2013.

VOILE - Le skipper niçois a fini la course à la quatrième place lundi...

On le sent fatigué. De retour sur terre lundi, Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) enchaîne les sollicitations médiatiques mais a encore la tête au large. Quatrième pour sa troisième participation au Vendée Globe, le skipper niçois sait déjà qu’il va mettre plusieurs mois à se réhabituer à une vie de terrien normal. De passage dans les locaux de 20 Minutes ce jeudi, Jean-Pierre Dick a évoqué ses premiers pas hors de son voilier.

Vit-on son retour sur terre différemment pour son troisième Vendée Globe?

C’est toujours un peu la même chose. Il y a une fatigue latente, on a utilisé beaucoup d’influx pendant trois mois, il va falloir plusieurs mois pour récupérer. Récupérer un sommeil plus classique, non-fractionné, ça prend du temps. C’est une période où on peut tomber malade, il y a une décompression après la course, le système immunitaire est affaibli. Ca m’est déjà arrivé d’avoir des problèmes avec le froid hivernal, les grippes qui traînent… Il faut se reconstruire dans le temps.

Vous évoquez les problèmes de sommeil, comment dormez-vous depuis votre retour?

Je me réveille en milieu de nuit. En mer, je m’interdisais de dormir plus d’une heure et quart d’affilée. Doucement, je vais retomber sur un sommeil plus long mais ça va prendre un peu de temps. La première nuit, on se réveille un peu de façon idiote, on se dit qu’il y a une urgence à gérer sur le bateau. Mais la fatigue aidant, on arrive quand même à se recoucher. J’ai appris à gérer ces périodes là, j’ai un régime qui me permet de retrouver un peu d’influx nerveux. C’est quand même agréable de dormir dans des draps, on s’habitue très vite au luxe.

En quelques jours, vous êtes passé d’une solitude extrême à enchaîner les rendez-vous avec les sponsors et les médias. Comment gère-t-on cela?

Ca fait partie du job, on connaît cette période là. Il ne faut pas que ça dure trop longtemps car il faut penser à se poser un peu ensuite. C’est assez original de passer de l’extrême rareté à l’opulence dans notre rapport humain. Au niveau des restaurants, il faut aussi faire attention à ne pas en prendre trop car l’estomac n’est plus habitué. Le lyophilisé me pesait à la fin de la course même s’il m’a fait économiser du poids à bord du bateau.

Après les sollicitations médiatiques, comment allez-vous occuper votre mois de février?

Il va bien falloir que je me pose. Je vais prendre trois semaines de vacances minimum. Je vais faire un trek dans le désert, une petite croisière, voire du ski… Après, ça sera le moment de prendre possession de mon nouveau trimaran, de commencer un nouveau projet avec la transat Jacques-Vabres en ligne de mire.

Vous ne ressentez pas le besoin de rester chez vous une journée entière, dans votre canapé?

Ce n'est pas mon style, je ne sais pas faire ça. Je suis quelqu’un de plutôt actif, j’ai du mal à ne vraiment rien faire. Je reconnais le talent de certains athlètes aux JO, qui ont des épreuves très courtes, qui récupèrent de l’influx en se reposant vraiment. J’apprends à faire ça même se je suis obligé de faire un petit quelque chose chaque jour.

Combien de temps va-t-il vous falloir pour véritablement tourner la page?

En général, plusieurs mois. Je me souviens d’un tour du monde où je suis arrivé en février, lors de la Barcelona World Race 2007-2008. J’ai mis du temps à revenir, je n’ai été dans le coup qu’à partir du mois de juillet. J’ai enchaîné le Vendée derrière, ça a été difficile. Il ne faut pas être trop activiste si on veut vite se remettre de la course. Il faut se reposer et avoir des joies simples en famille.

Propos recueillis par Romain Baheux
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