Tennis: Federer et Murray à Wimbledon pour une finale chargée d'enjeux

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Publié le 8 juillet 2012.

LONDRES - Roger Federer et Andy Murray s'affrontent dimanche dans une finale de Wimbledon chargée d'enjeux en tous genres: le Suisse y visera la première place mondiale et plusieurs records, tandis que le Britannique cherchera à donner à son pays son premier titre majeur depuis 1936.

Au moment de jouer sa 24e finale de Grand Chelem, sa huitième sur le gazon anglais, Federer ne se laissera certainement pas impressionner. "Je ne suis jamais passé à côté d'une finale ici. La seule que j'ai perdue s'est finie sur le score de 9-7 au cinquième set", a rappelé l'orgueilleux champion helvète.

Il y aurait pourtant de quoi, car deux records qui renforceraient sa réputation de plus grand joueur de l'histoire seront à portée de sa raquette: celui des victoires à Wimbledon et celui du nombre de semaines passées à la tête du classement mondial, tous deux détenus par Pete Sampras avec 7 et 286.

S'il l'emporte, le Suisse récupèrera en effet la première place à l'ATP, deux ans après l'avoir cédée à Rafael Nadal, lui-même dépossédé par Novak Djokovic en 2011 lors de son succès à Wimbledon. Il deviendrait alors le deuxième N.1 le plus âgé de l'histoire, à près de 31 ans (le 8 août), derrière Andre Agassi.

Une victoire lui donnerait aussi un puissant élan, à trois semaines du retour à Wimbledon pour des jeux Olympiques où il cherchera à décrocher la médaille d'or en simple, l'un des deux derniers trophées significatifs (avec la Coupe Davis) qui manquent encore à son incomparable palmarès.

Pour Murray, il s'agira de mettre fin à l'interminable attente des Britanniques, dont seuls les plus anciens peuvent garder un souvenir du succès de Fred Perry (né en 1909 et mort en 1995) à Wimbledon il y a 76 ans.

Federer défie le temps

Ce sera le problème majeur du premier finaliste britannique depuis 1938, certainement pas aussi solide mentalement que son adversaire et qui devra pourtant résister à une pression formidable dans un pays désireux de retrouver les premiers rôles dans un sport qu'il a inventé. Le drapeau écossais sera ainsi hissé dimanche au mât de Downing Street, la résidence du Premier ministre, à côté de l'Union Jack.

L'autre difficulté, c'est qu'il est pratiquement impossible de battre Federer dans une finale majeure si on ne s'appelle pas Rafael Nadal. Le Suisse a certes perdu sept fois sur 23, mais face à deux joueurs seulement: l'Espagnol à six reprises, dont une à Wimbledon en 2008, et l'Argentin Juan Martin Del Potro à l'US Open 2009. Dix autres joueurs - Djokovic, Roddick, Soderling, Gonzalez, Baghdatis, Agassi, Hewitt, Safin, Philippoussis et Murray lui-même - s'y sont cassé les dents.

Même si l'on écarte l'hypothèse, redoutée par les Britanniques, d'un effondrement mental de leur champion, Federer reste le grand favori de la finale, d'un point de vue tennistique.

Cette saison, le Suisse a semblé défier le passage du temps en enlevant pas moins de quatre titres, à Rotterdam, Dubaï, Indian Wells et Madrid. Il est deuxième au nombre de matches gagnés en 2012 (45), derrière le stakhanoviste David Ferrer, qui a joué deux tournois de plus que lui.

A part contre Julien Benneteau au troisième tour, il a franchi sans trop forcer les étapes jusqu'à la finale, qu'il a ralliée en passant quatre heures et demie de moins sur le court que Murray.

Ce dernier peut toujours s'appuyer sur son bilan positif face à Federer (8 victoires, 7 défaites). Mais en finale de Grand Chelem, c'est le Suisse qui s'est imposé deux fois sur deux, à l'US Open 2008 et à l'Open d'Australie 2010, là où il avait remporté son seizième et dernier titre majeur en date.

© 2012 AFP
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