Roland-Garros: Les grands malades de la Porte d'Auteuil

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Publié le 2 juin 2012.

TENNIS - Les infirmeries du tournoi vont défiler 2000 personnes en 15 jours...

 «Imaginez les pathologies d’une ville comme Béziers, 35 000 personnes. Et bien nous c’est pareil». C’est peu dire que le docteur Daniel Boulanger et son équipe (six infirmières et trois médecins répartis sur trois infirmeries) ne chôment pas pendant la quinzaine. Petite typologie des patients de Roland-Garros.

Les cramés

Il suffit de se promener trois minutes entre les courts pour les rencontrer. Les cramés des courts se reconnaissent vite: le visage et les bras rouges vifs, ils évitent tout contact avec les passants. Forcément, ça pique. «Chaque année, je répète la même litanie: se protéger, s’hydrater, et bouger de temps en temps». Le docteur Boulanger, 16 tournois au compteur, ne met pas longtemps a identifier le mal le plus répandu chez les spectateurs: le coup de soleil et tout ce qui va avec. Brulure, malaise, déshydratation… rien n’y fait, tous les ans c’est la même chose. «Les gens se mettent en tribunes, ne se protègent pas et y restent trois heures. Au bout d’un moment, ils sont tout rouge! Certains arrivent brulés au 1er degré, ou arrivent avec des phlyctènes (des cloques remplies d’eau)». Puisque la prévention ne porte pas totalement ses fruits, il a fallu installer des fontaines et des brumisateurs. Mais pas encore de distributeurs de crème solaire.

Les malchanceux

Il y a les pathologies graves rencontrées chaque année: AVC ou malaise cardiaque. Il y aussi tout ces petits bobos quotidiens mais très ennuyeux. L’hôtesse allergique piquée par une abeille, par exemple. Ou les cas d’intoxication alimentaire. «Quand on laisse son sandwich-mayonnaise dans son sac pendant trois heures et par 40°C, on finit par arriver ici et tapisser l’infirmerie», se marre le docteur Boulanger. Le cas le plus dingue? «Un jour, un homme est venu me voir en me disant qu’il avait mal à l’oreille. Forcément: quand j’ai regardé dedans, il y avait une bestiole que j’ai dû lui enlever». Un jour l’infirmerie du Central a aussi été submergée. «C’était il y a six ans, par temps de grand-froid. Et comme c’était la journée des enfants, on a été envahis par les pathologies ORL», se souvient le docteur Boulanger. 

Les ramasseurs de balle

Il ne faut pas croire qu’il n’y a que les joueurs qui se blessent. Car visiblement, les ramasseurs de balles souffrent le martyr pendant le tournoi. «Le plus souvent, se sont des blessures propres à la terre battue: élongation, claquage… Ils arrivent surtout très fatigués. J’en ai aussi soigné qui avait pris des balles dans l’œil ou dans le visage, mais c’est moins fréquent», assure le docteur Boulanger. Qui a surtout constaté un mal propre à cette petite armée d’ados exploités: la pathologie du ramasseur de balle. «Vous voyez quand ils font des roulés avec leur bras pour se lancer les balles? Et bien leurs mains passent tellement prêt du sol que de la terre s’infiltre sous leurs ongles. Qui finissent par se soulever». Vous y réfléchirez à deux fois avant d’envoyer votre gamin aux sélections?

Roland-Garros est à suivre en live comme-à-la-maison

Antoine Maes, à Roland-Garros
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