Tournoi de Bercy: «Rien de rationnel», Benneteau est le premier surpris par son improbable parcours

TENNIS Le Français, pas loin de devoir tout arrêter il y a deux ans, a claqué l’une des plus belles performances de sa carrière jeudi face à David Goffin…

Nicolas Camus

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Julien Benneteau a réussi une sacrée performance en battant David Goffin en 8e de finale de Bercy, le 2 novembre 2017.

Julien Benneteau a réussi une sacrée performance en battant David Goffin en 8e de finale de Bercy, le 2 novembre 2017. — Thomas Samson / AFP

Jeudi soir, 18 heures tout juste passées, au tournoi de Bercy. Guy Forget déboule au bord du bouillant petit court numéro 1, bientôt suivi par Yannick Noah. Personne n’y croyait vraiment avant la rencontre mais tout le monde est là, maintenant, pour encourager Julien Benneteau, sur le point de renvoyer la terreur belge David Goffin à la maison.

Balle de match. « Beau boulot à la DTN ! », s’esclaffe Noah, tout sourire devant ce match improbable sorti par papy Bennet’, bientôt 36 ans. Ultime coup droit, c’est plié. « Voilààààà, c’est bon ça », exulte le capitaine de l’équipe de France, qui a crié au moins aussi fort que le héros du jour sur le court.

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Julien Benneteau en quart de finale, c’est la nouvelle rafraîchissante de cette semaine bien ennuyeuse à Bercy. Les gros bras cramés ou forfaits, les Français liquidés, heureusement qu’il est là pour nous redonner la patate. Son histoire est tout de même sympa. Opéré des adducteurs en 2015, on ne le pensait pas loin de la retraite. Descendu au-delà de la 600e place mondiale, il est revenu mais toujours éloigné des radars (83e cette semaine), malgré un bon moment passé à Roland. Jusqu’à cette invitation à Bercy, où il claque le premier quart de sa carrière en Masters 1000. Complètement dingue.

« Il n’y a pas beaucoup de matchs dans ma carrière où j’ai aussi bien joué »

« Personne ne pouvait se dire au début du tournoi, avec le tableau que j’avais, "tiens, je vais mettre une pièce sur Benneteau en quart". Ou alors il faut qu’il joue au loto le mec. » Mais comment expliquer cette perf, alors ? « Aucune idée ! se marre-t-il. Il n’y a aucune raison rationnelle à ça. » Très ému après sa victoire contre Jo Tsonga mercredi, il l’est encore plus devant les médias après ce super match face à Goffin. « C’est génial. Et surtout, c’est la manière. Honnêtement, il n’y a pas beaucoup de matchs dans ma carrière où j’ai aussi bien joué. »

Evidemment, après cette victoire contre le numéro 1 belge à trois semaines de la finale de la Coupe Davis, il ne pouvait pas partir sans qu’on le taquine sur le sujet. Alors Juju, c’est pas n’importe qui, hein, le David ? « C’est sûr, c’est un membre du top 10, et quelqu’un qui va se qualifier pour le Masters… Je ne pense pas à autre chose », répond-il, sans pouvoir se retenir de sourire. Mais quand même, faire ça devant le staff des Bleus ? « Ouais, tant mieux… Beaucoup de Français sont en forme ».

On n’aura rien de plus. Le Bressan a passé l’âge de s’enflammer et d’en faire des caisses. « Si je m’enflamme maintenant, je suis vraiment le roi des cons », lance-t-il. De toute façon, il est trop occupé pour ça, il a une demie à aller chercher, vendredi. Pour son tout dernier Bercy, ça aurait une sacrée gueule.