D’abord, il y a eu une ola. Puis un concert de sifflets. Puis plus rien. Ne voyant pas la rencontre démarrer à l’horaire prévu, les 80.000 spectateurs frigorifiés du Stade de France ont tenté comme ils ont pu de se réchauffer, avant l’inéluctable annonce: la pelouse étant gelée par endroit, ce qui la rend à la fois glissante et dure, l’arbitre de la rencontre Dave Pearson, en accord avec le Comité des VI Nations, décisionnaire, a choisi de l’annuler. A la dernière minute. Une farce moyennement goutée par les supporters, forcément: «Ils n'auraient pas pu prévoir avant? On est 80.000 à être là comme des cons, enrage Stéphane, venu du pays Basque avec sa femme et ses deux enfants. On a foutu 1500€ en l'air à cause du manque de professionnalisme de certaines personnes.»
Deux heures avant le match, l’arbitre trouvait la pelouse praticable
Le président de la Fédération française de rugby, Pierre Camou, est dans le même ton: «Je vais essayer d’être calme, d’exprimer mon regret et mon désappointement pour ne pas dire plus fortement mon ressenti, grince-t-il, plus qu’énervé. Le Stade de France et la FFR ont pris un météorologue spécialisé juste pour ce match. M. l’arbitre, qui est absent ce soir (il a refusé de se présenter devant les journalistes) a vu le terrain hier et tout à l’heure à 19 heures. Je regrette profondément la décision qui a été prise. L’ensemble des matchs de rugby ont eu lieu ce week-end: à Rome, où il faisait sûrement 25°, à Clermont-Ferrand, qui nous le savons tous est une grande station thermale…»
En cause, donc, la versatilité du comité des VI Nations et surtout de Dave Pearson, qui avait jugé le terrain comme praticable vendredi soir, puis deux heures avant le coup d’envoi. «Ce match était jouable jusqu’à 21 heures ce soir», ironise même Jacques Laurans, membre élu du comité directeur de la FFR, venu avec Pierre Camou en conférence de presse.
Parra: «Pas d’adhérence au sol»
Les plus modérés, dans cette affaire, ce sont finalement les joueurs. Ayant appris à peine cinq minutes avant le coup d’envoi supposé que le match n’aurait pas lieu, ils ont a eu le temps de tester la pelouse lors de l’échauffement. «Quand je suis rentré pour buter, je n’avais pas d’adhérence au sol, c’était dur, avoue Morgan Parra. Mais bon… on nous a dit que la pelouse était chauffée, tout ça, nous on était prêt à jouer.»
Sans oublier d’avoir une pensée pour les spectateurs, le sélectionneur de l’équipe de France Philippe Saint-André poursuit: «Je peux vous assurer que le vestiaire était bouillant pour jouer ce match. Le Stade de France a tout fait pour que le match ait lieu… Mais il faut respecter la décision de l’arbitre, c’est lui qui est en charge de la sécurité des joueurs.» Vincent Clerc de conclure, philosophe: «On aurait peut-être pu le jouer, oui, mais il y avait des endroits tellement dur qu’un joueur aurait pu se casser le bras ou la jambe. C’est de la prudence.»
Pourquoi ne pas avoir avancé la rencontre dans l'après-midi?
Comme le football l'a fait pour ses matchs de Ligue 1, cette rencontre entre la France et l'Irlande aurait pu être avancée dans l'après-midi pour éviter au maximum le risque de terrain gelé. Mais ceci était impossible, même si France2 a assuré avoir proposé de jouer la rencontre à 15 heures, ce que le comité des VI Nations a refusé. Pierre Camou, président de la FFR, c'est avant tout une question de respect envers "Il n’y a pas qu’à Paris qu'il y a des supporters, et je pense à ceux qui sont venus de Navarre pour voir un spectacle avec un contrat, un billet stipulant une heure précise."
| 1 | Clermont | 87 | 26m |
| 2 | Toulouse | 87 | 26m |
| 3 | Toulon | 77 | 27m |
| 4 | Castres | 73 | 27m |
| 5 | Montpellier | 67 | 27m |