Quand on voit le jour à Woluwe-Saint-Lambert à proximité de Bruxelles, les chances de disputer le Tournoi des VI Nations sont comparables à celles d’un Gallois de devenir champion olympique de descente. Titulaire samedi contre l’Italie, Vincent Debaty (30 ans) est devenu le premier Belge invité à la table du Tournoi. Si son cœur et son passeport sont désormais français, le pilier assume avec plaisir son rôle d’ambassadeur de l’ovalie au pays d’Eddy Merckx. «Si ma sélection peut permettre à la Belgique d’ouvrir les yeux sur le rugby, j’en serais très heureux», avance celui qui débutera sur le banc samedi contre l’Irlande.
S’il a peut-être perdu sa place de titulaire après sa prestation mitigée contre l’Italie, Debaty a offert au rugby belge une publicité inespérée. Le président de la Fédération, Daniel Roelandts, ne tient pas rigueur au joueur d’avoir décliné les offres de service de l’équipe nationale. «On a beaucoup communiqué sur ce match. Pour se développer, notre rugby a besoin de grands événements. Le match contre l’Argentine en 2007 en était un, la sélection de Vincent en est un autre.»
Le sport préféré des parents
Reportage dans la principale émission sport de la RTBF, double page dans le quotidien Le Soir, Debaty a occupé l’espace médiatique le week-end dernier. «C’était l’occasion pour nous de faire le point sur le rugby belge qui se porte très bien», explique Philippe Mertens le Monsieur rugby du quotidien francophone le plus lu. Avec 11.000 licenciés et une équipe qui tape aux portes du Tournoi des VI Nations… B, le rugby d’outre-Quiévrain n’a plus rien d’un sport confidentiel. Il a même la cote auprès des parents: «Inscrire son enfant au rugby est devenu le dernier chic», note Mertens.
Le XV de France n’y est pas pour rien. «Ici, on est tous un peu supporters des Bleus. Je suis tombé amoureux de ce sport en regardant Jean Gachassin commenté par Roger Couderc», raconte Daniel Roelandts. Depuis l’ORTF, les Belges ont la possibilité de suivre le Tournoi des V puis des VI Nations. «J’ai découvert ce sport en regardant les matchs sur France 2, confesse Debaty. Pendant des années, j’habitais à deux kilomètres d’un club et je ne le savais même pas. Pour moi, le rugby c’était un peu du football américain.» Avec ses 128 kilos et sa carrure de viking, le Clermontois aurait pu aussi y faire son trou. Il a préféré le rugby. Le rugby français ne va pas s’en plaindre, le belge non plus.
| 1 | Clermont | 87 | 26m |
| 2 | Toulouse | 87 | 26m |
| 3 | Toulon | 77 | 27m |
| 4 | Castres | 73 | 27m |
| 5 | Montpellier | 67 | 27m |