Tout est bon dans la délocalisation. Du moins pour une équipe en phase de reconquête après un début de saison sans relief. Exilés pour la première fois en neuf journées au Stade de France, samedi après-midi, les Parisiens y ont trouvé le théâtre idéal pour lancer réellement leur saison grâce à une victoire contre Toulouse (28-24). Un essai victorieux à cinq minutes de la fin de Sergio Parisse a confirmé la tendance offerte par les Stadistes depuis la reprise du championnat: déjà vainqueurs de Montpellier et défaits de justesse à Clermont, ils semblent plus à l’aise contre les gros poissons.
Pascal Papé, le capitaine parisien, n’ose imaginer où serait son équipe si elle avait offert «le même était d’esprit», contre certaines équipes à sa portée, et face auxquelles elle a déjà laissé filé trop de points. Mais peu importe. Si Paris s’est payé le double champion de France pour la deuxième fois en dix matchs, il le doit d’abord à son mental. «Ce qui nous sauve, c’est ce qu’on a dans la tête et ailleurs aussi. On ne lâche rien», enchaîne Papé.
«Avec cet esprit on peut faire de grandes choses»
La saison passée dans le même type de match, les Parisiens s’étaient inclinés. Cette fois, c’est leur générosité qui les a poussés à se dépasser. «Là, jusqu’à la fin, on essayait de s’arracher, de plaquer, se relever tous ensemble, note Sergio Parisse. Avec cet esprit on peut faire de grandes choses.» Il faut donc un contexte un peu particulier aux Parisiens pour se transcender. Celui des «gros matchs», avec une pression décuplée, une mise au vert dans un hôtel de Chantilly et l’accueil du Stade de France.
«C’est là qu’on voit l’envie de cette équipe qui déjoue parfois et a beaucoup appris de ses défaites, notamment à Clermont, analyse l’entraîneur adjoint David Auradou. On avait fait un très bon match mais on ne l’avait pas validé au tableau d’affichage.» Désormais, le manque de réussite au pied des buteurs est oublié. Tout comme la conquête un peu timorée des matchs passés. «Cette victoire au mental nous aidera à aborder les rencontres avec plus de sérénité. On voit qu’on aime les gros matchs», clame Parisse. Cela tombe bien, dans cinq jours à Toulon, ce sont les «All Blacks du Top 14» qu’ils iront défier. Le type de gros poissons que les pêcheurs franciliens adorent prendre dans leurs filets.
| 1 | Clermont | 91 | 26m |
| 2 | Toulon | 90 | 26m |
| 3 | Toulouse | 79 | 26m |
| 4 | Castres | 74 | 26m |
| 5 | Montpellier | 73 | 26m |
| 6 | Racing-Métro 92 | 73 | 26m |
| 7 | Perpignan | 61 | 26m |
| 8 | Biarritz | 57 | 26m |
| 9 | Bayonne | 57 | 26m |
| 10 | Stade Français | 54 | 26m |