Affaire des paris suspects: L'étrange après-midi des Montpelliérains

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Publié le 30 septembre 2012.

HANDBALL - Une défaite et des interpellations...

Un court instant, on a cru qu'il ne s'était rien passé. Que tout allait continuer comme avant dans le handball français: la foule de Coubertin venait d'acclamer les frères Karabatic et l'on s'apprêtait à vivre le premier grand choc de de la D1 entre le PSG des Qataris et le champion de France montpelliérain. Une heure et demie et une parodie de match plus tard, le plus grand handballeur de l'histoire des Bleus quittait les lieux dans une voiture de police, interpellé comme d'autres joueurs montpelliérains dans le cadre de l'affaire des paris suspects qui secoue le club de Montpellier depuis le milieu de la semaine dernière.

S'il n'y a pas eu de «descente de police dans les vestiaires parisiens» selon les mots de Philippe Gardent, le coach du Paris handball, Samuel Honrubia et Mliden Bojinovic, leurs ex-coéquipiers désormais à Paris, auraient également été interrogés par les policiers du service des courses et jeux de la Direction centrale de la police judiciaire.

Canayer découragé

L'onde de choc est exceptionnelle et fait largement passer au second plan la situation sportive immédiate de Montpellier. Très marqué, l'entraîneur héraultais Patrice Canayer n'a pas caché qu'il s'attendait à «vivre des semaines très difficiles» après cinq jours qu'il a définis «comme les pires de sa carrière d'entraîneur». Il a été le seul représentant du club à s'arrêter devant les médias après la rencontre largement perdue face à Paris (38-24). Le seul tout court à accepter d'évoquer l'affaire, puisque même les joueurs parisiens, Didier Dinart en tête, ont refusé de répondre à  toutes les questions sur le sujet, comme le président de la Ligne nationale de handball, Philippe Bernat-Salles, «dans le brouillard le plus complet».

Mis au courant de l'opération policière prévue en fin de journée, comme les joueurs concernés, Canayer a aussi parlé un peu du match puisque match il y a eu, pendant une mi-temps du moins: «Lors des 25 premières minutes, on a joué en équipe, on a fait preuve de solidarité, mais on ne pouvait faire plus face à une très belle équipe de Paris qui a largement mérité son succès.» Ridiculisés en seconde mi-temps par la magie d'Hansen (12  buts) et la défense étouffante du Paris hand sur Karabatic, les Montpelliérains n'avaient jamais eu l'air aussi perdus sur un terrain de D1 depuis des années. Logique, quand on apprend après-coup que certains  d'entre eux allaient sans doute passer la nuit dans les locaux de la police. «Soyez cléments avec eux» demandait une dernière fois Patrice Canayer avant de s'en aller. Cela s'annonce de plus en plus compliqué.

Julien Laloye, à Coubertin
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