On ne peut pas dire que les joueurs de haut niveau qui décident de truquer des matchs profitent d’un vide juridique. Ni même qu’ils l’ignorent. La France est un des pays les plus avancés en matière de lutte contre la corruption dans le sport. Il est ainsi fermement interdit aux acteurs d’une compétition «d’engager, directement ou par personne interposée, des mises sur des paris reposant sur la compétition à laquelle ils participent et de communiquer à des tiers des informations privilégiées, obtenues à l’occasion de leur profession ou de leurs fonctions, et qui sont inconnues du public». Soit exactement ce qui est reproché à huit joueurs de Montpellier dans cette affaire de match supposément arrangé.
Les sportifs interdits de paris
La Ligue nationale de handball a elle-même prévu des dispositions spécifiques régissant la pratique des paris dans l’Hexagone: joueurs, agents, dirigeants, et même stagiaires sont explicitement interdits de paris, le club ayant toute latitude pour fixer son barème de sanctions en plus de celles prévues par la Ligue (jusqu’à six matchs de suspension et 25 000 euros la première faute).
Autant de dispositions qui ont pour l’instant permis à la France de passer entre les gouttes des grandes affaires de paris truqués qui ont notamment concernés les sites en lignes ces dernières années. L’Arjel, l’autorité de régulation des jeux en ligne chargée de repérer toute forme de pari irrationnel sur le Web, rôle tenue par la Français des Jeux concernant les paris en dur, n’a pour l’instant diligenté une enquête que sur trois matchs de football (Tours-Grenoble en Ligue 2, Bastia-Sochaux en Coupe de France et Lens-Istres en Ligue 2). Sans que cela n’aille jamais plus loin que le simple soupçon.
Pas de précédents...
Dans l’univers professionnel, seul un joueur français a été condamné dans un passé récent. Il s’agit du tennisman français décédé Mathieu Moncourt, suspendu six semaines en appel pour avoir parié sur des rencontres du circuit qui ne le concernaient pas. Mais dans son cas, c’est directement l’ATP, échaudée par le cas Davydenko, qui avait instruit le dossier devant la justice.