Euro 2012: Des Espagnols champions de la gestion

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Publié le 24 juin 2012.

FOOTBALL - L'Espagne a encore maîtrisé son sujet pour battre la France. Un excès de maîtrise qui finirait presque par devenir lassant...

Espagne, qu’as-tu fait de ta furie? Sans un pénalty en toute fin de match de Xabi Alonso, la Roja aurait bouclé une sixième victoire par 1-0 dans un match à élimination. Un minimalisme qui ne dérange pas des supporters, trop contents d’avoir enfin tuer «le chat noir» français. Ces Bleus, face auxquels une Espagne jeune et dévergondée s’était cassée les dents en 2006. Les titres et l’âge aidant, elle ne cherche plus la mise à mort et les deux oreilles de son adversaire, mais juste à le pousser vers une défaite toujours plus inéducable. Une question de maîtrise selon le double buteur du soir, Xabi Alonso. «On a très bien géré le match, vante le milieu du haut de ses 100 sélections. On a été bien offensivement en première période et défensivement en seconde. Les Français n'ont presque pas eu d'occasion claire, c'est un signe que l'équipe est bien organisée.»

Comme tant d’autres avant elle, l’équipe de France ressort de ce quart de finale avec un sentiment d’impuissance et de résignation. Comme tant d’autres, elle n’a pas su résoudre l’équation proposée par le collectif de Vicente Del Bosque. Comment contrer cette possession du ballon qui vire à la confiscation (même si avec une maîtrise du ballon de 56%, elle s’est montrée plus partageuse samedi soir) ? «L'Espagne est une équipe très compliquée à jouer, très tactique», résumait le sélectionneur de la Croatie, Slaven Bilic.

La victoire est devenue une routine

Contre cette machine à gagner, concéder le premier but prend des allures de fin du monde. Mentalement, l’adversaire a déjà un pied dans la tombe. La résignation de Laurent Blanc fait foi. «Les joueurs savaient qu'il fallait marquer deux buts face à une équipe qui avait 60% de possession, ça devient très compliqué.» Si cette Espagne est devenue plus «calculatrice que belle», comme le souligne le journal El Pais, elle n’offre aucune prise à son adversaire. A tel point qu’elle n’a jamais donné l’impression de vouloir inscrire ce second but. Pourquoi faire, quand les attaques adverses n’arrivent même pas à vous procurer le début d’un frisson? «Iker (Casillas) n’a quasiment eu aucune intervention à effectuer, rappelle Del Bosque. Cela résume bien la performance défensive de notre équipe.»

Alors on peut hurler au football de petit épicier, enfiler un maillot de cette Mannschaft qui ne connaît que la marche avant ou prier Saint Cristiano de renvoyer cette équipe à ces cours du soir de gestion, les champions du monde continuent à écrire leur histoire. Celle d’un triplé inédit Euro-Coupe du monde-Euro. Pour cette Roja, la victoire n’est plus une option. Ce qui a inspiré à Andres Iniesta cette phrase: «Nous avons fait de ce qui était exceptionnel une routine.» Une belle routine à regarder.

Alexandre Pedro
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