Euro 2012: La France trop frileuse pour battre l'Espagne?

57 contributions
Publié le 24 juin 2012.

FOOTBALL - Les Bleus ont joué très bas dans l'espoir de contrer les Espagnols...

De notre envoyé spécial à Donetsk, Ukraine

Quand on lui a demandé, à la veille d’affronter l’Espagne (2-0), s'il comptait plutôt ressembler à la Croatie ou l’Italie, deux équipes qui avaient gêné les champions du monde, le sélectionneur de l’équipe de France avait préconisé de «jouer son jeu, tout en s’adaptant à l’adversaire». Il faut croire qu’il a surtout retenu la deuxième partie de cette phrase, puisque sa composition tenait plus du bloc des transalpins que du hourra-football des hommes à damiers.

Et pourtant, l’Espagne était prenable

Avec un milieu de terrain très bas, composé de chaque côté de deux pistons, Debuchy et Malouda, et de Yann M’Vila, l’objectif était de bloquer les montées des latéraux adverses et d’attendre très bas les hommes de Del Bosque. Tout en essayant de se projeter rapidement vers l’avant. Tel était le plan Blanc: «On savait qu’on allait avoir 35 à 40% de possession et quelques occasions, on les a eues mais on n’avait pas prévu de prendre ce but.» Effectivement, une fois le premier but encaissé, l’équipe de France a cruellement manqué de solutions offensives.

Car à force de se dire que l’Espagne est la meilleure équipe du monde, les Bleus ont sans doute fini par s’en convaincre. Ils ont pris peur, n’ont jamais tenté de mettre la pression sur la défense espagnole, de crainte de se faire punir en contre. Alors que l’Espagne n’était pourtant pas au mieux. «On a réussi à les mettre en difficulté, explique Yohan Cabaye. A 1-0, ils n’étaient pas aussi sereins qu’ils le sont d’habitude.»

Ne pas être ridicule

«On savait que l'Espagne n'est pas l'Espagne d'avant, poursuit Laurent Koscielny. Elle a toujours cette possession de balle mais on sentait que derrière, il pouvait y avoir une petite faille permettant d'avoir une petite opportunité pour marquer. Je pense qu'avec un peu plus de justesse dans la dernière passe, nous les aurions mis plus en difficulté.» Car si la France tablait sur une possession de 35 à 40%, elle l’a finalement eu 45% du temps. Et aurait pu l’avoir plus, si elle l’avait voulu. Mais elle a trop respecté le modèle établi, celui qui dicte que l’Espagne aura plus le ballon et que la seule solution et de leur courir derrière. Inévitablement, ce «one-shot» tactique manquait volontairement d’ambition.

La France n’est pas tombée avec ses idées de jeu habituelles, elle a pris un risque à la Chelsea, peut-être né de la panique post-France-Suède, et joué en jeu qu’elle n’a jamais joué et qu’elle ne sait pas jouer. Et finalement, on peut se demander si l’objectif n’était pas avant tout «de ne pas être ridicules», comme le dit Yohan Cabaye, en rentrant en France avec une valise. De ce côté-là, c’est réussi, oui. Mais il en aurait fallu bien plus pour espérer quoi que ce soit…

Bertrand Volpilhac, à Donetsk
Newsletter
SPORT

En fin de matinée retrouvez toutes les infos indispensables du sport

publicité
publicité
1 PSG 79 33m +55
2 Monaco 72 34m +28
3 Lille 64 34m +18
4 Saint-Etienne 57 34m +15
5 Lyon 54 33m +11

Classement complet

Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr