Euro 2012: Allemagne-Grèce, «ce n'est pas non plus Israël-Palestine», selon Cédric Kanté

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Publié le 22 juin 2012.

FOOTBALL - Le défenseur français sort de trois saisons au Panathinaïkos d'Athènes...

«Je n’avais absolument aucune envie de revenir en France». Après trois saisons au «Pana», la crise a finalement eu raison de l’amour de Cédric Kanté pour la Grèce. A 33 ans et en fin de contrat, l’ancien Strasbourgeois ne verra pas son contrat se prolonger, faute d’argent. C’est à Sochaux qu’il posera ses valises à la rentrée, mais c’est dans la capitale hellène qu’il vivra le quart de finale de son pays d’adoption contre l’Allemagne.

Est-ce que ce Grèce-Allemagne représente quelque chose de spécial pour les Grecs, vu le contexte?

C’est sûr que les joueurs, ils vont devoir faire fi des déclarations des dirigeants respectifs. Faire attention à ne pas s’occuper de politique. Maintenant, les joueurs de foot ne sont pas très connus pour faire de la politique de toute façon (rire). A mon avis, ce sont des choses qui resteront en dehors du terrain et tout ça sera oublié au moment du match. 

En pleine crise économique, comment est vécu le parcours de l’équipe nationale?

Il ne faut rien exagérer, c’est Grèce-Allemagne, ce n’est pas non plus Israël-Palestine. Il y a des dirigeants allemands qui sont pour aider la Grèce, d’autres un peu moins pour, on va dire. Et puis il y a l’opinion allemande qui pense certaines choses de la manière de gouverner des Grecs. Mais ça s’arrête là. J’ai même l’impression qu’ils ont commencé l’Euro, pas dans l’indifférence générale, mais avec moins de pression qu’au mondial en Afrique du Sud. Avec la situation du pays, les élections… Ils pensaient se faire éliminer sans gloire. Si ça marche là, c’est vraiment une bouffée d’oxygène pour les Grecs. 

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Existe-t-il un sentiment anti-allemand en Grèce?

Oui, bien sûr. Ces mesures d’austérité, c’est l’Allemagne qui les décide, malgré ce que peuvent dire les dirigeants français. Quand l’Europe vous impose des restrictions budgétaires et que vous voyez votre salaire amputé de 40 ou 50%, c’est sûr que vous allez en avoir contre les pays décideurs. Donc un sentiment anti-allemand, oui ,mais ça n’a rien à voir avec l’antagonisme avec les Turcs par exemple. 

Comment le foot grec ressent la crise?

Le foot grec était en crise avant le pays. On a parlé de violences, de matchs truqués, de clubs relégués… La crise accentue tout. On a joué quatre ou cinq matchs à huis-clos cette année. Il y a moins de spectateurs, même dans notre stade. J’ai senti, au niveau football, que c’était une période particulière. 

Et en dehors?

J’avais tendance à dire que depuis deux ans et demi, on ne le ressentait pas du tout, on était dans notre bulle. On voit des magasins qui ferment, avec marqué «à vendre» ou «à louer». Et en discutant avec les gens qui sont concernés par les restrictions budgétaires, on se rend compte de l’ampleur de la crise, bien sûr. Après, quand on te doit six mois de salaire, tu le ressens toi aussi directement.

Propos recueillis par Antoine Maes
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