Euro 2012: Les secrets de la Green Army irlandaise

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Publié le 14 juin 2012.

FOOTBALL - Comment l'Irlande arrive à mobiliser 32.000 supporters pour son match contre l'Espagne? En étant plus organisés et malins que les autres...

De notre envoyé spécial à Gdansk,

Sans trop s’avancer, l’Irlande ne gagnera pas ce championnat d’Europe. Pas sûr qu’elle gagne un jour un titre. Pas grave, elle a déjà remporté la bataille de la ferveur populaire. Une victoire haut la main pour sa Green Army et ses 32.000 fantassins. Après Poznan (pour assister à une défaite 3-1 des siens), l’armée verte établit son camp de base à Gdansk, avant de défier l’Espagne jeudi. Maîtres des lieux depuis une semaine, les supporters de la Roja ont déjà déposé les armes. Pour mieux trinquer avec leurs vainqueurs.

Merci les aides sociales

Mais comment un pays de 4,6 millions d’habitants arrive à lever une telle armée? Devant deux pintes et un match Portugal-Danemark, Elian avance une réponse courte mais pertinente. «Ryanair!» L’Irlande n’est pas le pays du transport aérien à prix bradés par hasard. «Depuis chez nous, tu peux aller partout en Europe, et pour pas cher», poursuit son copain Daniel. Pour baisser la facture, d’autres prennent la mer à bord de ferries. Pour 50 euros, vous avez une couchette pour la compétition et un alcool qui ne connaît pas les taxes. En moyenne, les budgets oscillent entre 600 et 2.000 euros. «Quand on est malin, et qu’on s’y prend à l’avance, ce n’est pas cher», assure Ger qui partage sa chambre avec trois copains, «attention, on a quand-même demandé quatre lits séparés».

Comme il n’existe pas de grandes armées sans une bonne intendance, le supporter irlandais sait s’organiser. Comme Derick le bookmaker: «Le soir même du tirage au sort, je réservais déjà mais mes billets d’avion en ligne.» Derick fait alors remarquer un drapeau irlandais pas comme les autres. Un drapeau en l’honneur de l’assistance sociale. «Ces cons ont marqué 188 euros sur le drapeau. C’est le montant hebdomadaire des aides d’état.» Tout fier, son copain Bryan sort cette carte, sans laquelle il ne serait pas ici à profiter des charmes de la Baltique.

Des supporters et des joueurs au chômage

Dans un pays rattrapé par la crise – après deux décennies de croissance indécente – cette virée polonaise pourrait passer pour superflue. C’est juste mal connaître ces Verts-là. Ger balance: «Je sais que certains ont pris un crédit supplémentaire pour venir ici. Moi, on m’a baissé mon salaire de 35% en cinq ans. Mais je ne vois pas ce voyage comme un sacrifice.»

Pour les Irlandais, encourager son équipe n’est pas une option, c’est un devoir. Entre deux bouchées d’un kebab, John théorise le rapport entre joueurs et supporters: «Quand ils perdent, on est tristes pour eux. Et ils le sont aussi pour nous. Ils savent les efforts qu’on fait pour venir.» Mais l’amour n’empêche pas la lucidité. Comme chez Bryan: «On a beaucoup de joueurs qui sont remplaçants en club. Tu en as même qui n’ont plus de club.» Mais pas de quoi entamer le moral des troupes. «On va battre l’Espagne 1-0, reprend le même Bryan. Comment? Je ne sais pas.» Il a encore une très longue soirée devant lui pour trouver la réponse.  

 

Alexandre Pedro
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