Equipe de France: Les oubliés de la génération 1987

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Publié le 21 juin 2012.

FOOTBALL - Sacrés champions d'Europe en 2004, ils n'ont pas connu le même parcours que Benzema, Ben Arfa ou Nasri...

Ils auraient dû suivre le chemin de Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, Jérémy Ménez ou Samir Nasri. Signer dans des grands clubs, recevoir des feuilles de paie à six chiffres et porter le maillot bleu dans les compétitions internationales. Mais en équipe de France, leur parcours se résume à un titre de champion d’Europe des moins de 17 ans, en 2004. Voici le récit de Maxime Josse, Stéphane Marseille, Jean Christophe Cesto et Pierre Ducasse, quatre oubliés de la génération 1987.

Maxime Josse, défenseur au chômage. «Je suis libre depuis mon départ du Litex Lovech en Bulgarie. J’étais à Sochaux il me restait une dernière année de contrat mais ça me saoulait de faire des saisons à dix matchs. Un jour, un gars m’a appelé et m’a dit qu’il m’avait vu jouer quelques matchs. Ils étaient intéressés par moi en Bulgarie et m’ont proposé un bon contrat. Je ne regrette pas. J’ai joué. Maintenant je suis à l’écoute de toute offre. En France ou ailleurs. J’ai des contacts avec Châteauroux, un club israélien et un club en Roumanie, mais je n’ai pas envie d’y aller. Voilà mon parcours depuis ce championnat d’Europe. Honnêtement je ne m’en souviens plus trop. Les années qui ont suivi, j’ai recroisé quelques-uns des joueurs. Il y en a certains j’ai appelé longtemps comme Karim El Mourabet, Franck Songo’o, Thomas Mangani, Benoît Costil. Sinon, c’est un message tous les 36 du mois sur Facebook. Chacun sa route. Moi à un moment donné j’aurai pu suivre le chemin des meilleurs. Mais j’ai eu une blessure à la cheville. Et puis je n’ai que 25 ans. Ça peut aller vite. Menez, Ben Arfa, c’étaient les stars. Mais c’était des phénomènes. Moi je ne suis pas à plaindre. Je ne suis pas le dernier, ni le premier.»

Stéphane Marseille, ancien latéral. Vendeur à Intersport. «Je viens d’avoir un enfant  donc j’ai arrêté le foot. Je n’ai même pas l’envie de reprendre. Je ne suis pas dégouté non plus. On va dire que je suis passé à autre chose. Je suis vendeur à Intersport à Lomme dans la banlieue de Lille. En fait je n’ai jamais signé de contrat pro. A l’OM, ils m’ont proposé un contrat pro de 4 ans. Et puis le directeur financier de Reims où je jouais qui m’a complètement descendu auprès de Marseille  en disant que je ne leur apporterais rien et que je n’étais pas un joueur sérieux. Mon contrat a été annulé. Mais si je n’ai pas réussi, je ne dois m’en prendre qu’à moi. Je n’ai pas eu le parcours d’un joueur comme Samir Nasri, voilà. Lui, c’était toujours celui qui faisait le jeu, ça là-dessus il n’y a pas de soucis. Aujourd’hui Jérémy (Ménez) ou Hatem (Ben Arfa), ce sont toujours les mêmes. A toujours vouloir dribbler et en faire beaucoup. Je me souviens qu’il était tout le temps avec Menez en train de rigoler. Ils s’appelaient «la famille». Après, Hatem, il était un peu gamin dans sa tête. Il ne pouvait pas jouer avec Ménez, ils ne pouvaient pas se faire une passe. Il fallait juste marquer. C’était rare les passes entre eux. C’était la compète, constamment la compète.»

Jean-Christophe Cesto. Joue à Cholet (CFA2). «Je fais encore du foot, j’ai signé à Cholet. Moi juste après le titre, ils m’ont trouvé un problème cardiaque. J’ai loupé le bon wagon à cette époque là. Pendant trois ans, je n’ai plus joué au foot. Pourtant, je n’ai jamais rien senti. C’était l’époque de Marc-Vivien Foé, etc. On avait peur. Et puis trois ans plus tard, les médecins sont revenus sur leur diagnostic. Ça m’a brisé ma carrière. Le souvenir que je garde du championnat d’Europe est magique. Je partageais ma chambre avec Samir Nasri. J’avais l’œil de celui qui influait vraiment sur l’équipe, le sentiment d’être vraiment dans l’élite. J’aspirais à la même chose que Nasri ou Menez. Eux c’était les surdoués. Je pensais avoir le même destin et puis après mon problème, je reste avec d’éternelles questions. Et si je n’avais pas eu ça, où est ce que je serais? Aujourd’hui je suis copains avec Steven Thicot. J’étais bon pote avec Karim Benzema. Qu'ils aient réussi ne me surprend pas. Ils étaient déjà au niveau des meilleurs européens à l'époque. Sans mes pépins, j'aurais peut-être suivi le même parcours.»

Pierre Ducasse, milieu à Lens (L2). «C’était un premier pas, on avait encore rien gagné en pro. On avait un groupe qui vivait super bien depuis un petit moment. On en garde un bon souvenir. Le capitaine, le papa de l’équipe, c’était Thicot (Nantes à l’époque, au chômage aujourd’hui). Il était très mature, et costaud et ça m’a surpris qu’il ne fasse pas une meilleure carrière. Après il y avait un leader technique, Samir Nasri. Il était souvent capitaine quand Steven ne jouait pas, il était leader par son charisme. Il était mature avant les autres, et très intelligent dans la vie et dans le jeu. On avait un groupe  assez homogène dans l’état d’esprit, mais je m’entendais bien avec Benoit Costil, Thomas Mangani et Maxime Josse. La réputation de caractériel? Ça ne me fait rien. C’était le fruit du hasard qu’il y ait autant de talents dans cette génération. Parfois, il n’y en a qu’un. Du coup, c’est toujours difficile à gérer quand il y a des joueurs comme Hatem (Ben Arfa), Jérémy (Ménez), Karim (Benzema)… C’était pas difficile, parce qu’on était encore des ados, on était encore en phase d’apprentissage, personne n’avait le statut qu’ils ont maintenant. On n’était pas encore pros. Si j’ai espéré mieux pour moi? Pour que toute une génération se retrouve à ce niveau-là, ce serait une première. Les quatre étaient déjà au-dessus à l’époque, et moi je pars du principe qu’on a que ce qu’on mérite.»

Propos recueillis par A.M. et R.S.
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