Jean-Marc Guillou: «Accéder à la Ligue1 dans six ans avec le Paris FC»

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Publié le 29 janvier 2014.

INTERVIEW - Le nouveau manager général du club de National compte s'appuyer sur les joueurs de ses académies pour atteindre l'élite...

Si tout fonctionne comme prévu, Jean-Marc Guillou pourrait assister à un drôle de derby en L1 dans quelques années entre le PSG et le Paris FC. D’un côté des stars internationales recrutées les yeux fermés. De l’autre, des joueurs issus d’académies du monde entier, prêts à se faire un nom en Europe à travers ce club «marchepied». A la tête de huit académies de formation (en Belgique, Algérie, Mali, Ghana, Vietnam, Madagascar et Thaïlande) le nouveau manager général du Paris FC, actuellement au Mali, présente son nouveau projet…

Quelle est votre ambition au club en tant que manager général?

L’objectif est de faire du Paris FC le deuxième club de haut niveau parisien. Le plus rapidement possible, il faudrait monter en première division. L'objectif c'est d'accéder à la Ligue1 en six ans. En amont, on a fait un travail de formation dans divers pays. Avec les meilleurs talents de ces structures, on pense pouvoir apporter au Paris FC les moyens de nourrir cette ambition.

Combien de joueurs issus des académies intégreront l’effectif la saison prochaine?

Cette année sera une année de transition. Il y aura six joueurs qui viendront des académies en activité au Mali et en Algérie. Et quelques joueurs un peu plus âgés qu’on aura récupérés des académies de Madagascar et de Côte d’Ivoire.

Il y a quelques années, vous aviez monté un projet similaire à Beveren (avec les joueurs ivoiriens)? Cela devrait y ressembler?

Quelque part, ça peut y ressembler, mais le projet est plus fort. Beveren, c’était un projet monté avec une moitié de l’académie de Côte d’Ivoire, qui ne fonctionnait plus au moment où on est arrivé au club. Là, on peut compter sur cinq ou six académies qui fonctionnent. C’est beaucoup plus fort.

Vous allez également créer une académie en Ile-de-France…

Oui, ce n’est pas fait. Mais effectivement, on compte en créer une à Paris. Il y a un potentiel de joueurs très importants dans un bassin de dix millions d’habitants. 30 ou 40% de l’équipe du Paris FC pourraient sortir de cette académie en Ile-de-France.

A terme, ce mode de recrutement pourrait être l’alternative à la toute puissance du PSG version qatarie?

L’alternative, je ne sais pas, parce que pour moi il peut y avoir deux clubs. Ce n’est pas incompatible. Pour la région parisienne, deux clubs, ce n’est pas trop. Trois, ça se fait. Quatre ça me paraît beaucoup en l’état actuel des choses. Le Paris FC et le PSG pourront très bien cohabiter au haut niveau.

Vous dites qu’il y a de plus en plus «d’entraîneurs-épiciers» dans le monde du football. Quel sera le profil du futur coach du Paris FC?

Je pense qu’on aura un jeu très ambitieux tourné vers la victoire. Les entraîneurs se comportent comme des épiciers , des calculateurs, parce qu’après une ou deux défaites 2-0 ou 3-0, ils sont mal perçus par les dirigeants. Les entraîneurs commencent par régler les problèmes défensifs pour prendre le moins possible de buts au détriment de l’animation offensive. Mais les bons matchs,  ce sont ceux où on voit des buts, de la générosité et du jeu. Je pense que perdre un match 4-0, ça n’a jamais été déshonorant. Ce qui est déshonorant, c’est de perdre le jeu.

Avez-vous choisi votre entraîneur?

Ça, on doit l’annoncer en communion avec les gens qui sont sur place. Je n’ai pas vraiment pris mes fonctions (il est actuellement au Mali, NDLR). Je ne sais pas où en sont les discussions avec Alain M’Boma (le coach en place qui a reçu une proposition, NDLR). Quand elle sera terminée, on en saura plus.

Raymond Domenech s’est dit intéressé pour prendre un club en Ile-de-France…

Oui, ce n’est pas un problème. Il y a beaucoup de clubs en Ile-de-France. C’est intéressant de savoir qu’il est intéressé, mais il ne doit pas être le seul. Moi je n’ai pas trop eu de contacts avec des entraîneurs. Ce n’est pas mon premier souci. On sait ce qu’on veut faire.

Pourquoi a-t-il fallu attendre 2012 pour que vos académies soient rattachées à un club français? Et pourquoi pas un club de Ligue 1 dès maintenant?

2012, c’est la bonne date. Ça n’aurait pas pu se faire avant. Pourquoi? Parce que la plupart des académies ont démarré entre 2007 et 2008. Il faut quatre, cinq ans pour que les gamins aient  18-19 ans et soient capables de jouer à ce niveau-là. Avant, ça aurait été trop rapide. La Ligue 1, non, parce que ces joueurs sont capables de jouer au niveau national. Commencer tout de suite en L1, ça ne me paraît pas jouable.

Propos recueillis par Romain Scotto
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