Pascal Perri: «J'ai voulu savoir si les footballeurs étaient trop payés»

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Publié le 24 novembre 2011.

INTERVIEW - L'auteur de «Ne tirez pas sur le football, contre les idées reçues», prend la défense des footballeurs...

Pascal Perri n’est pas un ancien joueur, ni un supporter, et pas un journaliste sportif non plus. Dans son livre «Ne tirez pas sur le football. Contre les idées reçues» (éditions JC Lattès), cet économiste, également intervenant dans l’émission «Les Grandes Gueules» de RMC, prend le parti des footballeurs. Non, les joueurs ne sont pas trop payés, non ils n’ont pas tout les torts. Spécialiste de la concurrence et des prix, il a voulu «laisser la morale aux philosophes». Son petit précis d’économie du football a le mérite de ne pas aller dans le sens des idées dominantes, particulièrement virulentes contre le monde du ballon rond.

D’où vous vient l’idée de combattre les idées reçues sur le football et les footballeurs?

J’entends tout le monde tirer sur le foot, et depuis longtemps. C’est un bon prétexte pour dire du mal. On pare le football de toutes les vertus quand la France gagne la Coupe du monde. Et ça devient l’incarnation du mal quand les résultats sont moins bons, d'autant qu’il ya des problèmes de partage des revenus. Donc j’ai voulu savoir si c’était un monde sans loi, ni règles. Si les footballeurs étaient trop payés. Et finalement ils ne le sont pas, comparés à la taille du marché. En Europe, le marché du football c’est 15 milliards d’euros, et 1,5 pour la France. Là dedans, la part du revenu des acteurs est cohérente par rapport au volume des richesses crées.

A qui s’adresse votre livre?

Il s’adresse à ceux qui veulent aller au-delà des idées reçues. Je voulais dire simplement et clairement comment fonctionne le modèle du football professionnel.

Vous avez l’impression d’avoir le rôle de l’avocat du diable?

J’assume. J’ai quand même quelques arguments pour déconstruire la pensée dominante. 

Vous dîtes que leur salaire est justifié. Mais les écarts de conduite des footballeurs sont aussi stigmatisés par l’opinion publique…

On a quelques spécimens qui ont un comportement assez peu honorable pour l’ensemble de la profession. Il y en a un ou deux qui se comportent mal, et c’est toute la corporation qui en souffre, un peu comme chez les journalistes d’ailleurs. L’exemple c’est Ribéry. Il passe d’un statut de joueur fédéral à Boulogne au statut de vedette du foot européen. De 10.000 euros par mois à 5 millions par an. C’est un garçon qui n’a reçu aucune éducation, et qui n’en a toujours pas. Il n’était pas capable de maîtriser cette ascension vertigineuse et dangereuse. 

Ca ressemble à une excuse…

Mais dès lors que les photos des stars sont dans les chambres des ados, ils ont aussi une responsabilité en terme de représentation. Et celle-ci devrait être inscrite dans leur contrat. Dans une entreprise, on confie aussi une responsabilité publique à tous les salariés. Ca devrait être le cas aussi au foot, où les contrats ne contiennent que des obligations matérielles, alors qu'ils engagent aussi l'image du club. Alors que la lumière attire les problèmes.

Retrouvez Pascal Perri en chat vendredi à partir de 15h

Propos recueillis par Antoine Maes
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