VIDEO. OL-ASSE: «Tout le monde a toujours la rage»… Chez les jeunes aussi, le derby est plus que spécial

FOOTBALL Lyon accueille son voisin stéphanois samedi (14h30) pour un 64e de finale de Coupe Gambardella qui promet...

Jérémy Laugier

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En avril 2017 dans la catégorie U17, le derby avait notamment été bouillant à l'Etrat, avec la présence de nombreux ultras stéphanois.

En avril 2017 dans la catégorie U17, le derby avait notamment été bouillant à l'Etrat, avec la présence de nombreux ultras stéphanois. — Envertetcontretous.fr

  • Si le derby entre Lyon et Saint-Etienne est un moment incontournable dans chaque saison de Ligue 1, son importance reste plus méconnue dans les catégories jeunes.
  • Le choc en U19 OL-ASSE lors des 64es de finale de Coupe Gambardella, samedi (14h30) à Décines, est l’occasion de se poser la question : finalement, la ferveur autour de ce derby est-elle aussi dingue à tous les âges ?

De ses années au centre de formation de l’OL, Yoann Nanou (23 ans) ne risque pas d’oublier la mi-temps d’un derby U17, dans lequel les Lyonnais étaient menés (0-2) par leur rival stéphanois. « Notre entraîneur Armand Garrido ne s’est même pas énervé dans le vestiaire mais il nous a lâché : ''Regardez votre voisin de gauche et de droite, l’un d’eux ne sera plus à l’OL la saison prochaine''. Il a ainsi piqué notre fierté et nous sommes revenus à 2-2 », sourit l’actuel joueur d’Ain Sud (National 3).

Une anecdote qui en dit long sur la passion que génèrent ces matchs entre Lyon et l’ASSE, y compris au sein des catégories de jeunes comme cela sera le cas samedi (14h30) avec un alléchant 64e de finale de Coupe Gambardella au Groupama OL Training Center de Décines. Le principal groupe de supporters du club sera même de la partie pour une affiche U19 qui pourrait réunir près de 3.000 spectateurs… mais aucun Stéphanois en raison d’un arrêté de la préfecture du Rhône.

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« On n’a vraiment pas le droit de se louper »

« Je ne me souviens pas de beaucoup de matchs en jeunes mais j’ai par contre chaque derby en tête, assure Grégoire Viricel, formé à l’OL et désormais à Limonest (National 3). Même si ces matchs n’ont évidemment pas la même dimension médiatique que chez les pros, on savait qu’ils seraient à coup sûr bien plus électriques que tous les autres de la saison. On n’a vraiment pas le droit de se louper et il y a souvent des scénarios assez dingues. »

Digne d’une tête de Jimmy Briand au buzzer dans le Chaudron, le dénouement lors du précédent choc en Coupe Gambardella, en mars 2015 à Gerland, a marqué les esprits. La bande à Allan Saint-Maximin et Jonathan Bamba s’est fait remonter deux buts (dont une égalisation à la dernière minute) avant de s’incliner aux tirs au but en 8es de finale de l’épreuve (2-2, 5-6).

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« On avait une autre personnalité sur le terrain dans ces matchs-là »

Formé à l’ASSE, Florian Thalamy se souvient surtout « d’entraîneurs et de dirigeants qui venaient nous motiver encore un peu plus durant la semaine ». « Dans une causerie avant d’affronter l’OL, un coach ne nous avait pas parlé un seul instant de plan de jeu et de tactique. Il n’était question que d’agressivité et d’esprit derby », indique l’actuel défenseur de Paulhan-Pézenas (National 2).

Un « esprit derby » synonyme d’accrochages fréquents, même entre joueurs amenés à se retrouver très souvent dans les sélections régionales de jeunes. « A la première grosse faute du match, il y avait immédiatement une échauffourée, indique Florian Thalamy (23 ans). On se connaissait tous et on s’entendait bien en dehors, mais on avait une autre personnalité sur le terrain dans ces matchs-là. »

« Aucun joueur ne passe au travers lors de ces rencontres »

Une dimension que cherchent à contenir les entraîneurs des deux camps. « Les joueurs ne doivent pas se laisser porter par ce qu’on peut voir chez les pros, confie Cyrille Dolce, entraîneur des U15 à l’OL. C’est houleux mais ça doit avant tout rester un match de jeunes, sans agression. De même, le chambrage existe mais il reste très mesuré. » Dans l’avant-match, le formateur lyonnais évite désormais de mettre « une pression qui peut inhiber les jeunes ».

« Aucun match ne ressemble au derby sur le plan mental. On insiste surtout sur l’intensité, le rythme et l’engagement durant les entraînements de toute la semaine précédant le derby », poursuit Cyrille Dolce. Celui-ci sait que les acteurs répondent souvent présent pour pareil sommet. « J’ai l’impression qu’aucun joueur ne passe au travers lors de ces rencontres, résume Yoann Nanou. Dans un camp comme dans l’autre, tout le monde a toujours la rage quelle que soit la catégorie. » Une rage qui pourrait être décuplée samedi par les rêves d’une longue aventure dans l’épreuve reine chez les jeunes.

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