Brésil-Japon: Vahid Halilhodzic, le plus Lillois des Japonais

FOOTBALL L'ancien entraîneur du LOSC fait son retour dans la région ce vendredi aux commandes du Japon pour un match amical face au Brésil...

Francois Launay

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Vahid Halilhodzic fête la qualification du Japon pour la prochaine coupe du Monde( The Yomiuri Shimbun via AP Images )/YOMIU/17243460316020/JAPAN OUT/1708311454

Vahid Halilhodzic fête la qualification du Japon pour la prochaine coupe du Monde( The Yomiuri Shimbun via AP Images )/YOMIU/17243460316020/JAPAN OUT/1708311454 — Masanori Inagaki/AP/SIPA

  • L'ex-coach du Losc vit toujours dans le Nord.
  • Sélectionneur du Japon depuis 2015, il vient défier à Villeneuve d'Ascq le Brésil de Neymar

C’est son idée, personne ne peut lui enlever. Si le public lillois va pouvoir assister à un match du quintuple champion du monde brésilien ce vendredi (13h) au stade Pierre Mauroy, il le doit à Vahid Halilhodzic et à personne d’autre. Depuis un an, le sélectionneur du Japon nourrissait le secret espoir d’organiser un match au stade Pierre Mauroy.

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« On mangeait avec Damien Castelain, président de la MEL (Métropole Européenne de Lille). Et Vahid lui a fait part de son souhait de venir jouer avec le Japon à Villeneuve d’Ascq en cas de qualification pour le Mondial. Voilà comment ça s’est fait », raconte Michel Castelain, l’un de ses amis lillois.

Enorme cerise sur le gâteau, c’est face au Brésil de Neymar que Vahid va faire ses premiers pas d’entraîneur au stade Pierre Mauroy, quinze ans après son départ du LOSC.

Le Nord, sa terre d’adoption

« J’aurais aimé avoir quelque chose comme ça à mon époque. Je suis un des premiers à avoir parlé d’un nouveau stade à Lille. J’avais mis la pression sur les dirigeants et les responsables politiques. Ils ont construit un bijou phénoménal», raconte Coach Vahid.

Grand artisan du renouveau du club nordiste, le Bosniaque n’a jamais oublié son passage à Lille (1998-2002). Il y sera même à domicile vu qu’il a gardé une maison dans la commune toute proche de Marcq-en-Barœul où il vient se ressourcer un tiers de l’année. Le reste du temps, il le passe à Tokyo où il a débarqué en mars 2015, nommé au prestigieux poste de sélectionneur du Japon. 

« Si on pouvait comparer, ce serait l’égal d’un sumo au Japon en termes de respect »

« Ici, on l’appelle le « Kantoku ». Si on pouvait comparer, ce serait l’égal d’un sumo. C’est vraiment quelqu’un qui est au dessus. Il y a beaucoup de respect », raconte Jacky Bonnevay, son adjoint au pays du Soleil levant.

« Il y a un gros décalage avec l’Algérie (où il a été sélectionneur de 2010 à 2014). Il est passé du coq à l’âne en termes de pression populaire. Cette expérience japonaise l’a totalement apaisé. », estime Michel Castelain qui pointe juste un bémol. « Il reproche souvent à ses joueurs d’être trop respectueux, trop gentils. Vahid, il aime quand on rentre dedans ».

Reste que moins de pression ne veut pas forcément dire moins de critiques. Venus en masse dans le Nord, les journalistes japonais ne se privent pas pour égratigner leur sélectionneur.

Passer le premier tour en Russie

« Il y a beaucoup d’attaques dans la presse quand on ne donne pas satisfaction », sourit Bonnevay. Des critiques qui se sont un peu éteintes avec la qualification nippone pour le Mondial russe où l’équipe essaiera de passer le premier tour. Pour se jauger d’ici là, le Japon va d’abord tenter de faire bonne figure vendredi face au Brésil.

« J’ai dit aux joueurs : « on joue chez moi, on est obligés de gagner sinon ce sera impossible pour moi de continuer à vivre ici (sourire) », sourit Halilhodzic. Vu son attachement au Nord, on n’est pas obligés de le croire sur parole.