Iran: Deux joueurs interdits de sélection nationale pour avoir joué contre des Israéliens

FOOTBALL Quand les conflits politiques empiètent sur le sport…

M.C.-V. avec AFP

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Ehsan Hajsafi le 15 janvier 2015 lors du match Qatar-Iran.

Ehsan Hajsafi le 15 janvier 2015 lors du match Qatar-Iran. — Rick Rycroft/AP/SIPA

Ehsan Haji Safi et  Masoud Shojaei sont deux habitués des sélections iraniennes : 74 matchs pour le premier, 50 pour son compatriote, tous deux licenciés au club grec du Panionios. Pourtant, le coach de l’équipe nationale d’Iran devra se passer de leurs services, probablement jusqu’à la fin de leurs carrières.

Ce n’est pas leur efficacité crampons aux pieds qui est épinglée, mais leur participation au match contre le Maccabi Tel-Aviv au 3e tour des qualifications de la Ligue Europa. Une décision qui a révolté jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat iranien.

Israël et Iran n’entretiennent aucun lien diplomatique depuis plusieurs années. Parmi les raisons de la colère israélienne, l’Iran soutient financièrement le Hamas et le Hezbollah, deux organismes qui se revendiquent antisionistes. Dans ces conditions, se rapprocher d’Israël reviendrait à reconnaître la légitimité de ce pays.

« Ils ont franchi la ligne rouge »

Même si l’Iran voit Israël comme un ennemi, Safi et Shojaei ont joué contre le Maccabi Tel-Aviv fin juillet. La réaction du ministre iranien adjoint des Sports ne s’est pas fait attendre. « Ils n’ont plus leur place en équipe nationale d’Iran car ils ont franchi la ligne rouge du pays » a déclaré Mohammad Reza Davarzani à la télévision d’Etat Irib.

« Ces 38 dernières années (depuis la création de la République islamique), aucun de nos sportifs n’a accepté d’affronter des sportifs du régime sioniste (Israël) (…) même aux jeux Olympiques », a dit jeudi le ministre adjoint des Sports. « Deux joueurs ont ignoré cette question au motif qu’ils ont un engagement avec leur club, mais qu’en est-il de leur engagement envers la grande nation iranienne ? »

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Les instances du foot iranien poursuivent dans la même logique. Selon Ali Kafashian, le vice-président de la Fédération iranienne de football, ces joueurs auraient dû refuser le match, « même au prix de l’annulation de leur contrat ».