Euro 2016: Les cinq secrets de Chris Coleman pour bien préparer la demi-finale face au Portugal

FOOTBALL Le sélectionneur gallois s'est montré très convaincant en conférence de presse, mardi, et voici comment il met ses joueurs dans les meilleures dispositions avant la demie de l'Euro 2016 contre les Portugais...

Jérémy Laugier

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Chris Coleman, ici lors du dernier entraînement de sa sélection, ce mardi à Dinard.

Chris Coleman, ici lors du dernier entraînement de sa sélection, ce mardi à Dinard. — PAUL ELLIS / AFP

A Lyon,

Plus l’Euro 2016 avance et plus il semble difficile de ne pas admirer Chris Coleman. Le sélectionneur gallois joue évidemment un rôle clé dans la stupéfiante réussite de sa sélection, qualifiée en demi-finale [mercredi face au Portugal] pour le premier Euro de son histoire. Sa conférence de presse, mardi à Lyon, a mis en avant en cinq points de sa méthode pour préparer au mieux ses joueurs avant le choc contre la bande à Cristiano Ronaldo.

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Adopter la posture classique de « l’outsider »

C’est évidemment son coup le plus prévisible. Mais au moment où les joueurs gallois pourraient s’enflammer suite à leur succès maîtrisé face au favori belge (3-1), ce discours ne peut pas faire de mal. « Nous sommes clairement les outsiders pour ce match, il n’y a pas de problème. Regardez le nombre de demi-finales du Portugal à l’Euro [5 depuis 1984]… », a ainsi lancé Chris Coleman pour tenter de toujours maintenir son groupe… sans pression.

Refuser la thèse de la surprise totale, genre Danemark 1992 ou Grèce 2004

« J’étais très sincère quand j’ai affirmé, avant le début du tournoi, que nous ne nous serions pas là en vacances », a rappelé Chris Coleman. Même s’il s’agissait du premier Euro de l’histoire du pays de Galles, celui-ci ne manquait pas d’ambitions. « En regardant l'Angleterre, la Slovaquie et la Russie, je ne pense pas qu’il était arrogant de vouloir passer ce premier tour. Je croyais qu’un quart de finale serait possible. On voulait se mesurer aux plus grandes équipes. On a attendu tellement longtemps pour être ici, à un grand tournoi. Il y a de l’avenir pour cette génération, ce n’est pas la fin du voyage », explique le charismatique coach de 46 ans.

Le message envoyé à ses joueurs est clair : ils ne sont pas favoris mais ils méritent largement leur place en dernière semaine. Mieux : ils l’avaient quasiment planifié, contrairement aux exploits du Danemark et de la Grèce, vainqueurs lunaires en 1992 et 2004.

Admirer Cristiano Ronaldo sans le craindre

Quand Chris Coleman avait pris le relais de Jean Tigana sur le banc de Fulham en 2003, un certain Cristiano Ronaldo débarquait en Premier League. Il n’a pas caché ce mardi ses souvenirs précis d’exploits de l’ancienne star de Manchester United face à son ancienne équipe. « Le Portugal a un grand joueur qui allie talent et motivation dans le travail, tout comme nous [Gareth Bale]. Ca fait des années qu’on le voit à l’œuvre », a indiqué Coleman.

Dans la foulée, il a vite répondu au sujet du meilleur moyen selon lui pour l’arrêter mercredi : « La clé de la victoire, c’est de nous concentrer sur nous-mêmes ». Comprendre qu’en plus d’avoir une individualité au moins au niveau de Ronaldo sur cet Euro, les Gallois ne s’occupent que de leur plan de jeu bien rodé et de leur solidarité à toute épreuve.

Chris Coleman a comparé l'influence de Cristiano Ronaldo à celle de Gareth Bale, avant la demi-finale de l'Euro mercredi à Lyon.
Chris Coleman a comparé l'influence de Cristiano Ronaldo à celle de Gareth Bale, avant la demi-finale de l'Euro mercredi à Lyon. - GERARD JULIEN / AFP

Avoir de sacrés modèles sentant bon les succès

Interrogé sur sa « vie d’avant », marquée par un passage comme entraîneur de Larissa, en D2 grecque, Chris Coleman est du genre à discrètement glisser qu’il avait accepté ce poste improbable en suivant « les conseils de Sir Alex Ferguson ».

De même, quand un journaliste italien tente de voir dans son style une inspiration puisée dans la Squadra Azzurra, celui-ci cite spontanément Fabio Capello : « On a tous de l’admiration pour l’Italie. Comme l’a dit Capello, on défend et on attaque à 11 dans le football ». Quand votre entraîneur a ce genre d’influences, vous pouvez estimer qu’il ne peut être totalement dans le faux.

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Faire preuve d’un humour et d’un détachement à toute épreuve

A voir Chris Coleman répondre tranquillement et sans aucune langue de bois à toutes les questions, on se dit qu’il fait bon être journaliste gallois. Après sa récente punchline ayant (encore) fait grimper sa cote de popularité « Je suis gallois et je ne dirigerai jamais aucune autre sélection que celle de mon pays », il a remis ça ce mardi. « On cherche un nouveau sélectionneur pour la Belgique », a tenté un journaliste belge tout en saluant son travail.

Après s’être bien marré, Coleman lui a simplement répondu : « Vous êtes seulement aussi bon que vos joueurs et les miens sont très bons ». De quoi conclure en beauté la mise en confiance totale de son groupe, désormais aux portes d’une incroyable place en finale au Stade de France.