Equipe de France: Didier Deschamps joue-t-il avec le feu en rappelant Samir Nasri?
FOOTBALL•Le sélectionneur des Bleus refait-il la même erreur que Laurent Blanc?...B.V.
Après le désastre de Knysna en 2010, Il avait fallu près de six mois à Laurent Blanc pour rappeler Patrice Evra et Franck Ribéry. Didier Deschamps, lui, aura attendu près d’un an avant de redonner sa chance à Samir Nasri. Le milieu de terrain de Manchester, suspendu pour trois matchs après ses sorties de routes en Ukraine lors du dernier Euro, s’envolera début juin pour la tournée des Bleus en Amérique du Sud. Au vu de ses précédents avec l’équipe de France, que ce soit en 2008 ou en 2012, n’est-ce pas un risque?
«Je n’ai aucune garantie, concède d’entrée le sélectionneur. Et aucune prétention de dire qu’avec moi ça va bien se passer. Le passé c’est le passé, il ne peut pas l’effacer. Le critère le plus important reste le critère sportif.» Et justement, si Nasri enchaîne les bons matchs en Angleterre depuis février, on ne peut pas dire que ses performances éblouissent au point d’en faire un titulaire incontournable ou de se permettre de jouer les divas. «On peut dire O.K., il est fort. Mais dans un projet collectif, ce n’est pas possible», analysait ainsi la semaine passée dans l’Equipe Laurent Blanc, au sujet de certains joueurs – dont Nasri – qu’il croyait «éliminés d’eux-mêmes» des Bleus.
Un test en Amérique du Sud
Raté. Quelques bons matchs et un mea-culpa timide – «j’ai manqué de sang-froid», avait expliqué Samir Nasri début avril – plus tard, revoilà l’ancien Marseillais en bleu. Et même si Deschamps avoue «n’avoir jamais eu de position radicale» sur son cas, son choix surprend. D’abord parce que son équipe semblait jusqu’à là équilibrée et performante, mais surtout parce qu’il avait toujours montré beaucoup de fermeté à préserver certaines valeurs et «la notion de groupe».
«Ceux qui ne rentrent pas dans le moule, j’ai la liberté de pouvoir les sélectionner ou pas, rappelle-t-il. Si je considérais qu’il y avait un danger pour l’équilibre collectif, et c’est le cas pour tous les joueurs, je serai amené à prendre des décisions.» En clair: en Amérique du Sud, Nasri va passer un test, autant sur le terrain qu’en dehors. «Ça me donnera l'occasion de discuter en tête à tête avec lui et de le voir dans le groupe». Le voilà prévenu.



















