Tour d'Espagne: La Sky ne serait-elle pas un peu tyrannique?

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Publié le 23 août 2012.

CYCLISME - A force de vouloir dominer le peloton, l'équipe anglaise risque de se le mettre à dos...

«Cette attaque de Rolland est étrange, ce n’est pas dans l’esprit du vélo». Comme toute son équipe britannique de la Sky, le 16 juillet dernier sur la route du Tour de France, Christopher Froome avait peu goûté l’attaque du grimpeur français d’Europcar quelques secondes après la crevaison de Cadel Evans. Celui qui allait gagner ce Tour quelques jours plus tard, Bradley Wiggins, un autre Sky, déclarait même «qu’on ne tire pas avantage des problèmes de quelqu’un». Enfin, sauf cas particulier, visiblement.

Valverde énervé

Mardi, dans une des étapes reines de la Vuelta, ce même Christopher Froome a demandé à ses hommes de rouler à bloc pour créer un écart important avec Alejandro Valverde, alors maillot rouge et leader du Tour d’Espagne, pris dans une chute collective. «Ils nous ont vu tomber. Ils se croient seuls dans le peloton! C’est ça des champions?», lance l’Espagnol avant d’aller demander des explications au bus des Sky. Puis d’ajouter sur son compte Twitter: «Tout le monde est libre de se comporter de la façon dont il le souhaite, mais après avoir provoqué la chute [un Sky aurait fait une vague dans le peloton pour créer une cassure] on ne doit pas attaquer. Ce n’est pas juste.»

C’est un beau résumé du fair-play made in Sky: arracher la victoire de toutes les façons possibles pour ensuite donner de grandes leçons de savoir-vivre. Officiellement, les Britanniques «ne savaient pas que Valverde avait chuté». Christophe Moreau, consultant sur Eurosport,explique sur cette chaîne que c'était surtout une manière de cacher ce qu'ils n'arrivent pas à assumer». Il faut dire que la grande machine britannique, on ne manque pas d’ambition. Ultra-dominatrice sur le Tour de France, possédant 100% des cyclistes britanniques sur piste, qui ont tout raflé aux Jeux olympiques, l'équipe de Dave Brailsford fait la pluie et le beau temps dans le peloton.

Gagner les trois Grands Tours

Et ce n’est pas fini. Bradley Wiggins ayant récemment appuyé pour un départ du meilleur sprinteur du monde, Mark Cavendish. Car le champion du monde en titre gagne certes des étapes mais n’apporte pas grand-chose en montagne à ses leaders désignés. «J'aimerais le voir rester, mais ce point de vue n'est pas compatible avec les ambitions de l'équipe, explique le vainqueur du Tour et champion olympique du contre-la-montre. Si nous voulons dominer le monde du cyclisme et gagner trois Grands Tours la même année, nous devons commencer à bâtir une équipe adaptée.»

Alors forcément, une telle domination commence à énerver, à être jalousée. Tyrannique, la Sky? Sans doute. Mais comme à la belle époque de Lance Armstrong, on préfère éviter de se mettre à dos celui qui décide de tout dans une course. Bien que surpris de ne pas «avoir ralenti après la chute», Joaquim Rodriguez, leader de Katusha et de la Vuelta, a préféré se contenter d’un «chaque équipe roule comme elle le sent.» Sauf Pierre Rolland, c’est ça?

B.V.
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