Tour de France: Christopher Froome est-il vraiment monsieur loyal?

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Publié le 12 juillet 2012.

CYCLISME - Coéquipier de Bradley Wiggins, le natif de Nairobi est aussi son principal rival...

Bradley Wiggins inattaquable? Par ses concurrents, c’est sans doute vrai. Ça l’est beaucoup moins quand on se penche sur le cas de son lieutenant à la Sky Christopher Froome. A 27 ans, il est le seul coureur du peloton qui semble avoir un moteur assez gros pour troubler l’ordre établi. Jeudi, dans la montée de La Toussuire, il a même attaqué son patron, avant de se faire houspiller dans l’oreillette et de se ranger. Et pour cause. «J'aimerais gagner le Tour un jour mais cela ne doit pas forcément être cette année, explique le Britannique. Ma priorité est de m'assurer que l'homme sur la plus haute marche du podium à Paris sera Bradley Wiggins», expliquait-il en fin de semaine passée.

«Il avait un peu de poids, et pas une très bonne position. En fait, il tombait souvent» 

En attendant son heure, Froome, vainqueur de l’étape de la Planche des Belles Filles, bride sa machine. Et dans sa roue, le suiveur s’étonne de le voir aussi bon. «La question qu'on se pose, ce n'est pas de savoir pourquoi il fait de telles performances mais pourquoi il n'en a pas fait plus tôt», répond Tom Brailsford, le patron des Sky, qui rappelle sa deuxième place sur la Vuelta 2011. Plus tôt, c’eût été compliqué, car le profil de Christopher Froome est celui d’un type sorti de nulle part et dont on ne sait toujours pas vraiment jusqu’où il peut aller.

Pour commencer, le garçon a vu le jour à Nairobi, où on a plus l’habitude d’envoyer du médaillé olympique en fond ou demi-fond que sur un deux-roues. «Il n’était pas dans la misère, il ne se débrouillait pas trop mal là-bas», raconte Michel Thèze, qui l’a vu débarquer en 2007 au Centre mondial du cyclisme, l’équipe de l’UCI qui défriche les terres vierges du vélo. A cette époque, «il avait un peu de poids, et pas une très bonne position. En fait, il tombait souvent. Pas parce qu’il n’était pas habile, mais parce qu’il ne savait pas se placer», poursuit son entraîneur en Suisse. 

«Après 150 mètres, il avait déjà raté le premier virage, et il s’est pris un commissaire»

De fait, quand il débarque à Salzbourg pour les championnats du monde moins de 23 ans, il est encore loin d’être totalement déniaisé. Jacky Durand s’en souvient avec amusement. «J’avais vu qu’il y avait un Kenyan au départ du contre-la-montre, alors je voulais le voir. Et là je découvre un Kenyan blanc! Après 150 mètres, il avait déjà raté le premier virage, et il s’est pris un commissaire», se marre le consultant d’Eurosport. C’est peu dire que le Christopher Froome qu’on voit pédaler sans forcer sur la Grande boucle 2012 n’est plus du tout le même. «Il avait un potentiel trop important par rapport à sa culture vélo. Maintenant qu’il a gommé toutes ses lacunes, qu’il s’est affiné, c’est normal. Pourtant, quand il est passé pro, c’était pas le jeune qu’on s’arrachait», se souvient Michel Thèze, qui a croisé son protégé cette semaine sans vouloir le déranger. 

Visiblement, c’est bien la seule qui n’a pas changé chez Christopher Froome. Car si son patron chez les Sky décrit «un gars marrant», l’Anglais traîne tout de même une réputation de taciturne. «On ne l’entend pas trop. Si on veut lui parler, il faut aller vers lui. Il est d’une très bonne éducation, il très correct,  et il reste à sa place», raconte Michel Thèze. Un trait moral qui devrait encore plus le pousser à respecter les ordres dans les oreillettes, même si Bradley Wiggins a le dos tourné.

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Antoine Maes
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