Tour de France: On a retrouvé l'inventeur de l'arme secrète des Sky

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Publié le 12 juillet 2012.

CYCLISME - Et si l'équipe britannique écrasait le Tour grâce à une invention française?...

«Je ne peux pas vous dire trop les secrets, parce que je réserve l’arme fatale pour l’année prochaine.» A 56 ans, Jean-Louis Talo aurait le droit de réclamer une place sur le podium du Tour. Ce biomécanicien niçois fournit en effet à Bradley Wiggins et à l’équipe Sky (mais aussi à Brajkovic et Millar) un plateau supposé révolutionnaire: le Osymetric. «Citez aussi mon associé, Michel Sassi. Ce rêve lui a coûté la vie, il a fait un arrêt cardiaque en 2007», demande notre inventeur. Depuis, son produit attise les rumeurs dans la caravane, jamais avare de fantasmes quand on parle d’avancée technologique. Histoire d’une invention avec son créateur, entre James Bond, Géo Trouvetou et Le Vélo de Guislain Lambert.

Qu’est-ce que c’est? «C’est un plateau qui n’est pas circulaire, mais qui n’est pas ovale non plus. Ça ne correspond à aucune figure géométrique précise. C’est très important parce qu’il y a déjà des gens qui l’imitent en faisant un ovale, en pensant que de près ou de loin c’est la même chose. Mais ce n’est pas du tout pareil. C’est une courbe mathématique: ou c’est ça, ou c’est faux. Le but, c’est d’adoucir le point mort. Il peut être utilisé partout: la jambe ne sait pas si c’est un contre-la-montre ou autre chose. Quand un gars produit 450W, ce qui est déjà énorme, avec ça il va produire 480W. Ce qui fait 10% de plus en puissance. Et donc 1% à 2% de vitesse supérieure.» 

Qui l’a utilisé en premier? «Je propose ça au peloton depuis quinze ans. Mais le premier qui l’a utilisé, c’est Bobby Julich en 2004. C’était un type qui était complètement blanc dans le peloton quand les autres étaient complètement noirs. Il habite Nice, moi Menton, on a le même médecin à 300km de Nice. Il a dit au médecin: «Je suis au milieu des chaudières, j’avance pas, t’as pas quelque chose?» Il lui a conseillé mon plateau. Il cherchait de la performance, mais de manière naturelle. Immédiatement après, il gagne une médaille olympique, et toutes les courses en 2005. C’est passé totalement inaperçu.»

Suivez la 11e étape du Tour de France en live comme-à-la-maison

Comment les Sky s’en sont emparés? «Bobby était très copain avec Wiggins. Comme il était en fin de carrière, il lui en a parlé, mais lui a mis un certain temps à se laisser convaincre. Mais quand il fait 4e sur le Tour en 2009, il a déjà les plateaux, et personne ne remarque rien. Wiggins n’a pas besoin de moi pour être fort. Mais s’il vaut top 5, quand il met le Osymetric il vaut top 1. Bradley a gagné, Froome l’a essayé. Et quand Froome a gagné, Richie Porte l’a essayé… Et ainsi de suite. Les mecs de la Sky, c’est des scientifiques. Les ingénieurs, les biomécaniciens, tout le monde y est passé pour tester la différence.» 

Pourquoi peu de coureurs l’utilisent? «Le milieu est tellement rigide, tellement peu scientifique, qu’il ne croit qu’en la victoire. Et pas dans n’importe quoi. Il n’y a que le Tour qui compte. Avant ça, on est condamné aux oubliettes. J’ai contacté toutes les équipes françaises, mais je ne veux plus parler à un Français. Les Anglais, eux, sont pragmatiques. Ils n’ont pas cette mythologie du vélo. Vous allez voir un Français, ils vous parlent encore des méthodes d’entraînement d’Anquetil, Bartali et Poulidor. Les Anglais vont gagner parce qu’ils font de la science. La légende ils n’en ont rien à cirer.»

Antoine Maes
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