Tour de France: Rémy Di Gregorio, un grimpeur sur une pente glissante

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Publié le 10 juillet 2012.

CYCLISME - Le coureur de l'équipe Cofidis a été placé en garde à vue dans le cadre d'une affaire de dopage...

Comme chaque année, il devait briller dans la montagne, que les coureurs du Tour de France aborderont dès mercredi entre Mâcon et Bellegarde-sur-Valserine. Il devait se porter à l’avant, tenter de prendre une échappée et pourquoi pas rêver d’un éventuel maillot à pois. Au lieu de ça, Rémy Di Gregorio tentera de se défendre face aux enquêteurs qui l’ont placé en garde à vue depuis mardi dans le cadre d’une affaire de dopage.

Suspendu à titre conservatoire par l’équipe Cofidis, le grimpeur de 26 ans en a donc déjà fini de ce Tour qu’il abordait avec enthousiasme: «Il était plutôt motivé, dans de bonnes dispositions. Rémy on le connaît, c’est quelqu’un d’assez bouillant, d’assez expressif et exubérant», souligne Yvon Sanquer, le manager de l’équipe française. Luc Leblanc, qui l’a découvert lors de sa victoire aux championnats de France cadets à Marmande, parle d’un «gamin très attachant, à fort tempérament. Mais on peut faire des sourires et dans l’autre sens, ne pas vivre de la meilleure des manières. Il a toujours eu une image un petit peu… Ce n’était pas la meilleure des images», enchaîne l’ancien grimpeur de l’équipe Polti, dont Di Gregorio aurait pu être le successeur.

«Les oreillettes rendent un peu abruti»

Dès ses débuts chez les pros, le coureur émacié aux épaules de serpent a très vite été présenté comme l’un des grands coureurs de demain. La comparaison avec Richard Virenque a souvent agacé celui dont le principal fait d’arme dans le Tour reste un passage en tête du Tourmalet, avant de finir 59e au général sous les couleurs de la Française des Jeux. En sept ans de carrière, le Marseillais n’a raflé que quatre victoires, dont la 7e étape de Paris-Nice l’an dernier pour Astana.

Un bilan aussi maigre que son corps de grimpeur désarticulé: «Il avait de grosses qualités, c’est un coureur à tempérament qui allait toujours de l’avant raconte Leblanc. Il fait partie de ceux qui ont tout gagné chez les jeunes et se sont effondrés plus tard.» Formé sur les pentes de la Sainte-Baume, près d’Aubagne, il n’a jamais été à l’aise dans la plaine. Dès qu’il faut frotter, éviter les bordures, le Marseillais perd l’énergie requise pour s’élever dans les forts pourcentages. «Di Greg», c’est enfin ce coureur à l’instinct, pourfendeur des oreillettes «qui rendent un peu abruti». Mais aussi un acharné de l’entraînement paramétré, où chaque watt gagné sur home-trainer est une petite victoire. Il en fallait bien quelques-unes pour étoffer son palmarès.

Romain Scotto
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