Depuis l’annonce de la suspension d’Alberto Contador, le téléphone de John Gadret n’a pas arrêté de sonner. Ses proches et ses amis se pressent pour le féliciter de sa troisième place sur le Giro. Le coureur, lui, accueille cette victoire sur tapis vert avec amertume.
Vous êtes troisième du dernier Giro grâce au déclassement de Contador. Que cela vous inspire-t-il?
C'est un podium symbolique, rien de plus. Pour moi, je suis quatrième. Ce podium sera marqué sur mon palmarès mais à mes yeux je resterai quatrième. Je ne suis pas monté sur le podium, je n'ai pas eu cette sensation. Dans ma carrière, je n'ai jamais fait un podium sur un grand tour. Ca aurait été une émotion immense et on m’en a privé. Mais on a beau retourner le problème dans tous les sens, ca ne sert à rien de ressasser.
On vous sent désabusé…
Il y a des coureurs qui rêvent du Tour de France. Moi c'est le Giro. Sur les cols, l'ambiance est différente, on croise de vrais connaisseurs de vélo, pas des gens venus voir une caravane. Quand j'étais jeune, mon idole était Marco Pantani. Sur ce Giro, j'ai gagné une étape. J'ai fait la course parfaite.
Vous estimez normal qu’Alberto Contador ait pu courir alors qu’une procédure était en cours contre lui?
Je n'ai aucune rancœur contre Alberto Contador. Pourquoi j'en voudrais à un coureur qui n'a jamais été contrôlé positif? Il n'y a que des soupçons (le Tribunal Arbitral du Sport n’a pas pu statuer sur l’origine des traces de clenbutérol dans l’urine de Contador, ndlr). Le problème vient des instances du cyclisme qui ont repoussé sans arrêt leur jugement. Si elles avaient pu se décider rapidement, on n’en serait pas là aujourd’hui. Mais c’est une erreur qui se refera. Pour tout vous dire, ce n’est pas la première fois que ca m’arrive. Dans le tour de Romandie en 2008, j'étais deuxième d'une étape. Trois semaines plus tard, le vainqueur avait été contrôlé positif. Mais là, ce n’est pas le Tour de Romandie