Comment se déroule un contrôle anti-dopage

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Publié le 6 octobre 2009.

DOPAGE - En pleine polémique sur les possibles manquements lors des contrôles de l'équipe Astana sur le Tour de France 2009, revenons sur la procédure à respecter pour que le test soit validé...

La procédure d’un contrôle est-elle tout le temps la même?

 

Non, tout dépend de la période de l’année. «Il y a les contrôles en compétition et hors compétition, distingue Amaël Moinard de la Cofidis. En compétition, on est suivi par des chaperons dès qu’on franchit la ligne d’arrivée. Hors compétition, le préleveur sonne à la porte, se présente, nous fait signer une notification garantissant que nous avons bien été contrôlés et, à partir de ce moment-là, il ne nous quitte plus.» C’est cette étape que n’avait pas respectée Lance Armstrong en mars 2009. Lors d’un contrôle inopiné, l’Américain avait fermé la porte au nez de l’équipe venue prélever des échantillons d’urine, de sang et de cheveux, puis il avait pris une douche avant d’obtempérer.

 

Que prélèvent les contrôleurs ?

Tout dépend du type de contrôle. Mais, le contrôle urinaire est systématique. De plus en plus fréquemment, ils coupent des ongles et des cheveux qui sont de véritables marqueurs toxicologiques. Les prélèvements sont réalisés en double. Les échantillons B seront conservés si les résultats sont contestés.

 

Qu’en est-il des contrôles dans les hôtels entre deux étapes?

 

Le sujet est plus compliqué. C’est d’ailleurs l’une des discordes entre l’AFLD et l’UCI. Cette dernière estime qu’il s’agit de contrôle hors compétition, l’AFLD assure l’inverse. Et il est vrai que la procédure paraît plus floue. «Ca se passe le matin ou le soir. Les contrôleurs préviennent le staff qu’ils veulent nous voir, détaille Moinard. Puis, les coureurs de l’équipe se présentent tour à tour.» Prévenir le staff, faire venir les coureurs un par un, deux étapes qui laisse un délai aux coureurs. Un délai qui peut s’avérer néfastes. «Il suffit de 20-25 minutes pour faire descendre son taux d’hématocrite, prévient Michel Audran, spécialiste du dopage sanguin. Il suffit de s’injecter de l’albumine et de boire deux litres d’eau pour fausser l’analyse.»

 

Pourquoi demande-t-on aux coureurs de se laver les mains?

Parce qu’il existe des dizaines de méthodes pour fausser un contrôle. «Avant d’uriner, il faut bien se laver les mains, décrit Moinard. J’ai entendu dire que certains se mettaient de la javel sur les doigts, puis pisser dessus pour éliminer certaines substances.» Apparemment, le coureur n’est pas totalement au fait de cette méthode – et c’est rassurant. «En fait, il s’agit plutôt de produit vaisselle dégraissant ou du produit pour lentilles, corrige Michel Audran. Ils contiennent des protéases qui éliminent les protéines et donc l’EPO. Maintenant, je ne suis pas sûr que cette méthode permette d’effacer toutes les traces.»


Pourquoi les coureurs ne doivent pas rester seuls?

 

Parce que certains ont profité de leur intimité pour tricher. Pendant des années, les coureurs se sont fixés des poires dans le cuissard avec de l’urine saine et faisait semblant de pisser. Là, Amaël Moinard n’est plus compétent, mais quand on lui parle de la fameuse poire d’urine cachée dans le caleçon, il n’imagine pas que ce genre de «bricolage» existe encore. «De toute façon, le contrôleur nous regarde pisser», assure-t-il. Pour Michel Audran, les méthodes de triches sont devenues beaucoup plus complexes: «Par exemple, c’est étonnant de retrouver des hormones de croissance dans les coffres de voiture, mais qu’aucun coureur ne soit jamais contrôlé positif à ce produit.»

M.P.
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