Budget: Les courses françaises, victimes collatérales de la crise économique

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Publié le 7 février 2013.

CYCLISME - Plusieurs organisateurs peinent à boucler leur budget cette année. Quand ils n'annulent pas leur course...

Même avec un entraînement poussé, Nacer Bouhanni ne pourra défendre sa victoire au circuit de Lorraine au mois de juin. Le sprinter de la FDJ a une bonne excuse puisque la course est annulée cette année. Jusqu’au bout, Raymond Reisser, le patron de l’épreuve, a espéré accueillir les coureurs, juste avant le Tour de France. Mais faute de budget, il s’est résolu à annuler, suspendu à une subvention du Conseil général qui n’est jamais arrivée. «Il nous manquait environ 150.000 euros. Compte tenu de la conjoncture, seules les collectivités peuvent nous aider. Mais la crise nous fait très mal», soupire le patron de la course qui travaille déjà avec ses partenaires sur l’édition 2014.

Comme lui, plusieurs directeurs d’épreuves françaises prient pour ne pas voir leurs courses disparaître. «Pour avoir assisté à l’AG des organisateurs de courses récemment, il y a des clubs organisateurs vraiment limite, limite», note le directeur du Grand Prix de la ville de Nogent-sur-Oise, une course UCI ouvertes aux équipes Continentales. Entre Noël et le jour de l’an, celui-ci a eu la mauvaise surprise de recevoir une notification de redressement fiscal. Un coup dur pour le club local, dont le budget annuel s’élève à 600.000 euros. Pour son Grand Prix, il dispose de 40.000 euros, mais peine de plus en plus à réunir les fonds. «Il faut démarcher partout les commerçants, les artisans. Certains font traîner. On repasse quinze jours après, le patron n’est pas là, il n’y a pas le carnet de chèque. Si on ne repasse pas quatre fois, ça ne marche pas. Avant, ils sortaient le carnet de chèques tout de suite, et au revoir messieurs dames.»

Des frais imposés par l’UCI

Faute de subsides, plusieurs courses espagnoles et italiennes ont aussi été annulées l’année passée. Les Tours de Sardaigne et du Frioul n’existent plus. Ceux de Catalogne, du Pays basque et la Clasica San Sebastian sont menacés. En 2011, l’UCI avait aussi pioché dans son fonds de réserve pour aider le GP de Plouay. «On a tous les mêmes soucis», relève Roland Villalonga qui a chapeauté l’organisation du GP La Marseillaise il y a dix jours. Celui qui gère un budget de 160.000 euros sait très bien que sa course n’aurait pas eu lieu sans le soutien des institutions (la ville de Marseille, le conseil général et la région). «Le journal La Marseillaise comble la différence et nous apporte une logistique. Mais on a du mal à trouver des sponsors privés.» Tout cela afin de respecter le règlement UCI qui impose un cahier des charges très strict. L’organisateur doit verser une indemnité de participation aux équipes allant de 2.900 euros à 7.500 euros en fonction du calibre de l’épreuve. Avec un plateau de 18 formations, la facture devient vite salée. L’un des articles précise même que l’organisateur doit parfois assumer les frais de pension des équipes «qui comprennent le logement, les repas et les boissons (eau minérale).» La parenthèse finale n’est pas de trop quand on est à 1 euro près.

Romain Scotto
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