On se demandait...et si la pesée donnait un véritable avantage psychologique avant un combat de boxe ?

BOXE Avant chaque combat, il y a un rituel, la pesée des combattants et le face-à-face…

Vincent Marche

— 

Tony Yoka s'entraîne avec Eric Tormos, ancien coach de l'équipe de France, au club de sport 50 Foch, le 7 février 2017.

Tony Yoka s'entraîne avec Eric Tormos, ancien coach de l'équipe de France, au club de sport 50 Foch, le 7 février 2017. — Thierry Gromik

  • Tony Yoka dispute ce vendredi son premier combat professionnel, contre l’Américain Travis Clark
  • Jeudi, il a été pesé à 109 kilos

Un rite. Avant chaque combat de boxe, il faut peser par ici. Pour être sûr de rentrer dans la bonne catégorie de poids, les boxeurs montent sur la balance la veille du combat. Et attention, ce n’est pas la petite balance qui nous permet de voir si on n’a pas trop grossi après le combo burger-pizza-kebab de la veille au soir. C’est une balance de compét', adaptée, avec un officiel qui surveille le tout.

Assister à une pesée, c’est voir des mecs qu’on n’aimerait pas croiser la nuit. Prenez Travis Clark. Une force de la nature, tatouée de partout avec un regard sûr. Honnêtement, pas le genre de mec à provoquer au bras de fer.

Vendredi, cet Américain sera l’adversaire de Tony Yoka pour le premier match pro du Français. A l’approche de la balance, le champion olympique à Rio arrive tranquille, serein, tel un Kylian Mbappé devant une défense de Ligue 1. 109 kilos, un beau bébé (102 pour son adversaire). Et lors du face à face, autre scène traditionnelle où les deux gladiateurs se font face, pareil. Yoka reste serein alors que l’Américain le fixe des yeux. Facile à comprendre quand on voit que Yoka prend une tête de plus que son adversaire.

Alors, dans notre tête, on imagine déjà l’issue du combat. On aura peut-être faux mais on imagine que la sérénité de Yoka devrait lui permettre de remporter son premier combat professionnel. Lui, en tous cas, part confiant. « Je suis serein, j’ai fait une bonne préparation, affirme Tony Yoka en conférence de presse. Il faudra répondre présent lors du combat. C’est le moment où tu rentres vraiment dans ton combat. Premiers regards, tu découvres ton adversaire. »

L’avantage psychologique de la pesée

Premier match pro pour Yoka, mais pas pour Nordine Oubaali, qui joue dans le même gala ce vendredi pour un titre, pour une ceinture. Il a l’habitude de l’exercice de la pesée. Pour lui, elle ne permet pas de gagner le combat avant l’heure, mais plutôt de prendre un avantage psychologique. « La pesée, c’est la première étape, selon le boxeur lensois. Tu dois être au poids. Moi, je l’étais, pas mon adversaire. Il part avec un handicap. »

>> A lire aussi : Tony Yoka: «Je me dis que personne au monde n'est plus fort que moi»

Une première manche gagnée « avec brio », selon ses termes. Serein, sans faire le fanfaron. « Je reste naturel, indique Nordine. Je suis quelqu’un de simple et je le reste lors de la pesée. Je me suis donné les moyens d’aller chercher cette ceinture sur le ring. Je reste sûr. »

Le show Mayweather contre Canelo en 2013

Dans ce cas-là, on n’a pas grand-chose à dire. Parfois, il y a du show. Selon Nordine Oubaali, « souvent, les mecs qui font le show, ils n’ont pas trop confiance en eux ». Bon, perso, j’irai pas dire à Floyd Mayweather qu’il manque de confiance en lui… Souvenez-vous de la pesée lors du combat contre Canelo, en 2013.

Mayweather mâche son chewing-gum, met sa ceinture sous le nez de Canelo… Et on sent quand même que le Mexicain n’est pas tip-top devant Floyd. D’ailleurs, la victoire s’est peut-être jouée sur ce coup-là.

On s’est aussi posé une petite question. Vous imaginez un mec en train de rire pendant sa pesée ? Ou un petit tour de je-te-tiens-tu-me-tiens-par-la-barbichette ? Ce serait drôle. Mais on se demande si, d’un coup, la question de l’avantage psychologique existerait toujours dans ce cas de figure.

Figurez-vous que Nordine Oubaali ne ferme pas la porte à l’éventualité. « Ça pourrait arriver. Je suis quelqu’un qui rit beaucoup. Si je vois un adversaire qui te sourit et que ça part… Je ne forcerai pas à m’arrêter de rire si ça arrive. » Au moins, ce serait un moment historique. « Ça ferait une belle anecdote à raconter à mes enfants plus tard. »