Karim Benzema tente de servir Olivier Giroud lors de France-Uruguay, le 15 août 2012 au Havre.
Karim Benzema tente de servir Olivier Giroud lors de France-Uruguay, le 15 août 2012 au Havre. - Nivière/SIPA

B.V, à Clairefontaine

Exercice de rentrée: Prenez les attaquants de l’équipe de France, ajoutez-y leurs remplaçants, et comptez leur nombre de buts en club et en sélection depuis le début de la saison. Pas besoin d’être très bon en math, le calcul est rapide: zéro. Que ce soit Benzema, Giroud, Menez, Ribéry ou Valbuena, personne n’a encore marqué en match officiel cette saison, et il faut aller jusqu'à Bafétimbi Gomis, remplaçant du remplaçant en attaque, pour trouver trace d’un buteur. Forcément inquiétant avant d’entamer vendredi en Finlande la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2014.

«La confiance c’est toujours mieux, maintenant, ce n’est pas comme s’ils avaient enchaîné 4 ou 5 matchs entiers, tempère Didier Deschamps. On ne peut pas parler de crise de confiance au bout d'un ou deux matchs. C'est toujours mieux qu'ils soient décisifs et je préfèrerais qu’ils aient des buts au compteur mais ce n'est pas un souci aujourd'hui». Sans doute, sauf que dans le cas du meilleur buteur actuel des Bleus, Karim Benzema (15 buts en 50 sélections), muet depuis un match face à l’Estonie en préparation du dernier Euro, on peut commencer à se poser des questions.

«Tout le monde n’est pas encore à 100% physiquement»

«Il est arrivé à l'Euro au sortir d'une très bonne saison au Real, répond le sélectionneur des Bleus. Il s’était mis en tête d’être décisif, peut-être un peu trop. Cela va lui servir d’expérience, mais maintenant c’est derrière lui. Il a confiance, il reste un attaquant de haut niveau». Mathieu Valbuena, en charge d’offrir aux attaquants les ballons décisifs, n’en fait pas non plus des cauchemars. «Il ne faut pas être inquiet, c’est le début de saison, tout le monde n’est pas encore physiquement à 100% explique l’ailier de l’OM. Pour un attaquant, ça fait toujours du bien de marquer des buts. Ca va venir.»

Bref, à la veille de son premier grand rendez-vous à la tête des Bleus, Didier Deschamps doit trouver la réponse à une équation bien plus corsée que la précédente: comment marquer sans buteur en forme? La réponse pourrait bien être d’en mettre deux, en relançant le 4-4-2 avec Giroud et Benzema en pointe, vu une mi-temps face à l’Uruguay. «Une association, ça ne se fait pas comme ça, sur un entraînement et une heure de jeu, analyse le sélectionneur. Mais c’est intéressant d’avoir cette double présence offensive.» Intéressant, c’est bien. Efficace, c’est encore mieux.