Le coureur espagnol de l'équipe Saxo Bank, Alberto Contador, encouragé par les supporters espagnols le 1er septembre 2012.
Le coureur espagnol de l'équipe Saxo Bank, Alberto Contador, encouragé par les supporters espagnols le 1er septembre 2012. - J.Etxaburu/REUTERS

Romain Scotto

C’est avec une pointe de résignation qu’Alberto a rangé son vélo lundi soir à Cuitu Negru. Avant d’attaquer la dernière ligne droite de la Vuelta et de tenter de reprendre 28 secondes au leader Joaquim Rodriguez, le «Pistolero» espagnol ne semblait pas très optimiste pour la victoire finale. Cela ne l’empêchera pas d’attaquer à tout va sur les dernières pentes de ce Tour d’Espagne, comme il s’y est astreint sur chaque étape de montagne.

Même s’il lui «manque le petit plus» pour chiper le maillot amarillo à «Purito», Alberto Contador a remporté un autre type de combat face à son rival. Au bord des routes, ses attaques cadencées font le bonheur du public local, qui ne semble pas lui tenir rigueur de son contrôle positif au Clenbutérol. «Je pense que le public a au moins apprécié le spectacle. Nous amenons vraiment des couleurs et de l'excitation à la course jusqu'à présent, mais bien sûr que lâcher Joaquim aurait été la cerise sur le gâteau», avance le leader de la Saxo Bank-Tinkoff.

Pas assez de compétition dans les jambes

Après six mois de mise au ban, le revenant a donc réussi son opération de réhabilitation. «Il y a beaucoup de monde autour de lui, on le voit au départ. Rodriguez est moins supporté. Contador c’est un coureur de panache, il a toujours cette giclette, c’est ce que les gens aiment», confirme Benoît Vaugrenard, 141e au général.

S’il assure le spectacle, le vainqueur de la Vuelta 2008 n’a peut-être pas retrouvé son meilleur niveau après six mois d’arrêt forcé. Déshydraté et incapable de relancer après ses accélérations, il confirme qu’au plus haut niveau, la meilleure préparation reste la compétition. «Le rythme de la course, ça manque, confirme Julien Jurdie, directeur sportif d’Ag2r sur la Vuelta. En vélo, un entraînement très assidu ne permet pas d’emmagasiner assez d’efforts pour la course. Contador n’a pas pu le faire, c’est pour ça qu’il partait avec un handicap.» Même s’il n’a pas encore remporté la moindre étape, il lui reste tout de même cinq jours pour lever les bras.