«Pour nous, le classement des médailles n’est pas une obsession». Gérard Masson, le président du comité paralympique, n’en fait pas une maladie. Pourtant, la réalité est assez surprenante: si les valides ont conclu les JO de Londres à la 7e place au classement des médailles, lui vise une entrée dans le top 10 lors de l’édition paralympique, dont la cérémonie d’ouverture se tient mercredi, à Londres. A Pékin, il y a quatre ans, la délégation française s’était classée 12e. Si l’on considère cet indicateur comme un bon moyen de jauger la pratique sportive à l’échelle d’une nation, ce n’est pas franchement bon signe pour la France.
Mais ça ne veut pas dire que le sport adapté est moins bien traité. Juste qu’il part de beaucoup plus loin. «On ne se sera jamais dans le Top 5. Il n’y a pas suffisamment d’handicapés qui pratiquent, parce qu’il y a beaucoup de problèmes d’accessibilité, de reconnaissance ou d’assistanat», regrette Gérard Masson. Pour lui, il ne serait pas stupide d’imaginer qu’un pays comme la France compte entre 150.000 et 200.000 licenciés. Aujourd’hui, ils ne sont que 70.000, en comptant le sport adapté.
Dispensés de sport à l’école
Selon lui, même une extraordinaire campagne londonienne n’aurait pas d’effet pour booster le nombre de pratiquant à la rentrée: «un môme de 10 ans dans un centre de rééducation, il va toujours se comparer à Zinédine Zidane, pas à Joël Jeannot», explique Gérard Masson. Pour que cela change, il faut un vrai travail de fond, plus que quinze jours de timide médiatisation. «A l’école, on a 200.000 personnes dans un cursus normal, plutôt qu’en école spécialisée. C’est très bien, mais ils sont dispensés de sport, pas d’histoire ou de géo. Si on veut retrouver quantitativement des athlètes, c’est à l’école qu’il faut se débrouiller.»
En attendant, pas question de faire gonfler les chances de médailles artificiellement. A Pékin, une nation comme l’Ukraine avait par exemple terminé 4e du classement. «Ils font un choix politique. 40% des médailles sont chez les déficients visuels. Nous, on n’en a que 4% dans notre délégation. Regardez défiler l’Ukraine, comptez le nombre de fauteuils et vous verrez la différence. Nous, on a décidé de faire participer le plus grand nombre et les plus grands handicapés à ces jeux-là», explique Gérard Masson.