Le stade olympique de Lodnres s'embrase lors de la cérémonie d'ouverture des JO 2012, le 27 juillet.
Le stade olympique de Lodnres s'embrase lors de la cérémonie d'ouverture des JO 2012, le 27 juillet. - AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Londres,

Pas la peine de tenter de faire dire à Jacques Rogge ce qu’il n’a pas envie de dire. Quand on a demandé au président du CIO de comparer la réussite des Jeux de Londres avec celle (éventuelle) des villes précédentes, il s’en est sorti comme à son habitude: par une pirouette. «La comparaison serait un peu juste, les circonstances et le pays sont différents, ce ne serait pas une bonne idée», explique le Belge. Réussie dans l’ensemble, la 30e olympiade n’a pourtant pas connu que des succès.

Un budget pas forcément maitrisé – Pour arracher l’organisation de «ses» Jeux, Sebastian Coe avait promis une enveloppe de seulement 4,5 milliards d’euros. Sept ans plus tard, celle-ci est officiellement passée à 11,3 milliards. Le discours est pourtant toujours axé sur des JO économiquement peu gourmands. «L’objectif était de réduire les coûts, ou tout du moins de les maintenir. N’oublions pas qu’on traverse la plus grande crise économique depuis les années 30. Mais si on est malin, on peut le faire. Et je préfère parler d’investissement que de coûts», retient Jacques Rogge.  

Le bazar de la billetterie – La première polémique est arrivée dès le premier week-end: les tribunes des sites olympiques n’étaient pas toujours pleines, alors que dans le même temps, le grand public a connu d’immenses difficultés à se procurer des billets. La faute aux places réservées aux sponsors, qui ne s’en sont pas souvent servis. Coe a en urgence décidé d’envoyer des instituteurs et des militaires meubler les trous. Pour Rogge, «les sites étaient pleins, c’était ça le plus important». C’est surtout faux, et il le sait bien, puisqu’une réforme du système est envisagée. «On aura une réflexion là-dessus lors du débriefing, avec les organisateurs de Rio 2016. C’est complexe. Il faut trouver l’équilibre entre le pays organisateur et les autres. La distribution se fait par les CNO [comités nationaux] et les revendeurs autorisés», détaille le patron du CIO.  

Le bug des transports évités – Les Londoniens avaient prévu un cataclysme. On a à peine connu une légère surcharge en sortie de site. Souvent, il valait même mieux emprunter les transports publics que les navettes réservées. Jacques Rogge assure même qu’un «grand nombre du personnel du CIO en a profité». Avant le début des compétitions, la régie londonienne passait en boucle des messages d’avertissement, conseillant aux Londoniens d’adapter leurs trajets. Ils ont fait beaucoup mieux: la plupart ont déserté la ville, le reste a opté pour le télétravail.