Les joueuses de l'équipe de France de basket, médaillées d'argent aux Jeux olympiques de Londres, le 11 août 2012.
Les joueuses de l'équipe de France de basket, médaillées d'argent aux Jeux olympiques de Londres, le 11 août 2012. - AFP

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

Il faudrait beaucoup plus qu’une défaite en finale des JO pour effacer le sourire des basketteuses de l’équipe de France. Surtout contre les Américaines, une équipe invaincue depuis 20 ans aux Jeux qui «ne boxe pas dans la même catégorie» selon le sélectionneur Pierre Vincent. Malgré la correction reçue samedi dans la North Greenwich Arena (86-50), les Bleues ont quitté Londres l’esprit léger, ravies d’être entré dans l’histoire en devenant la première équipe féminine française d’un sport collectif médaillée olympique. Mais aussi la meilleure équipe européenne alors que la France se prépare à accueillir l’Euro 2013.

«C’est historique pour nous, c’est un truc monstrueux, savoure Pierre Vincent, ému aux larmes après la cérémonie de remise des médailles. J’ai toujours dit aux filles qu’on allait aux Jeux pour performer. Sincèrement je ne pensais pas qu’on pourrait y arriver.» Si on lui avait dit en début de compétition qu’elle atteindrait la finale des Jeux, Emeline N’Dongue serait tombée à la renverse. «J’aurais mis cinq euros maximum sur nous», plaisante la grande pivot. En fait, c’est à partir de la victoire en poule contre l’Australie que les Françaises ont pris conscience de leur potentiel.

Impact médiatique

«Une fois qu’on les a battues, on n’avait plus le droit de perdre. C’est ce qui fait qu’on s’est battues comme des lionnes, poursuit N’Dongue. Et on aurait difficilement pu faire mieux. Les plus anciennes en conviennent; ce parcours marqué par les victoires contre la République tchèque et la Russie va bien au-delà de leurs espérances. «On voulait partir de là sans avoir rien à perdre. On écrit l’histoire apparemment», se marre Edwige Lawson, 33 ans, dont treize d’équipe de France.

Pour la grande sœur des "Braqueuses", cette campagne efface définitivement la déception de Sydney, quand en 2000, la grosse armada française avait échoué prématurément. Et puis il y a l’impact médiatique d’une performance olympique. Bien plus important qu’un titre de championnes d’Europe en 2009. «En France on sait que le foot est le sport numéro 1. Derrière c’est dur pour le basket, et spécialement le basket féminin. On nous a vues à la TV, les journaux ont parlé de nous, c’est bon pour nous.» Céline Dumerc, la meilleure joueuse française de ces Jeux, se met même à rêver: «Maintenant, les gens qui ont découvert le basket auront l’occasion de venir nous voir.» Rendez-vous dès la rentrée à Bourges, Charleville, Lattes, ou Villeneuve d’Ascq.