Tony Parker lors de la défaite des Français en quart de finale des JO de Londres contre l'Espagne, le 8 août 2012.
Tony Parker lors de la défaite des Français en quart de finale des JO de Londres contre l'Espagne, le 8 août 2012. - EMMANUEL DUNAND / AFP

Antoine Maes

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Londres,

Avec des «si», Tony Parker serait peut-être en train de préparer une demi-finale olympique. Si la préparation avait été différente, s’il n’avait pas été blessé à l’œil dans une bagarre en boite de nuit… Au surlendemain de l’élimination des Français en quart de finale contre l’Espagne, la star du basket français a fait le point.

Avec le recul, est-ce que ce France-Espagne est le match le plus frustrant de votre carrière?

C’est très, très frustrant. T’es tellement près... Mais en même temps on se rapproche. Les Espagnols dominent le basket européen depuis six ans. On n’a perdu que contre eux en compétition officielle. On a une marge de progression. C’est juste que ce n’est pas allé dans notre sens. Des fois c’est beau comme les filles, des fois c’est cruel comme pour nous. Notre heure, elle viendra. Sur les trois ou quatre prochaines années, il y a de belles choses à faire. L’état d’esprit est trop bien: on parlait déjà tous de l’avenir le lendemain de la défaite. Je continuerai à avoir cette flamme en moi pour gagner un titre avant la fin de ma carrière.  

Est-ce que vous étiez fatigué en fin de tournoi?

J’ai beaucoup défendu.  Je n’ai même jamais défendu comme ça. Popovych (son coach à San Antonio) m’a engueulé. Il m’a dit que j’avais intérêt à défendre comme ça aux Spurs. Je lui ai dit que je défendais comme ça que pour mon pays. Le fait que je ne sois pas à 100% je pense que c’est un peu aussi une explication de pourquoi j’étais fatigué dans le dernier quart temps. Après, je n’ai pas mis les tirs, voilà, je n’ai pas mis les tirs. Je suis frustré. Je suis le leader, mes coéquipiers comptent sur moi pour mettre ces tirs. J’assume. Je peux promettre que je ne sortirai pas en boite de nuit avant les championnats d’Europe.  

Vous repartez en bleu jusque Rio 2016?

Bien sûr. Je suis motivé pour repartir sur un cycle de quatre ans. J’ai toujours dit que Rio serait ma dernière compétition avec l’équipe de France. J’espère terminer en beauté là-bas. Il y a ma génération, mais aussi celle de Nico (Batum), et d’autres joueurs vont arriver.  

Et toujours avec Vincent Collet?

On en a parlé entre nous. On veut tous que Vincent continue. On pense que c’est l’homme de la situation. Et on a envie de continuer l’aventure avec un coach qui a vécu la défaite. Il a la même faim que nous.  

Un mot sur Céline Dumerc, la meneuse des filles, qualifiées pour la finale?

Le Tony Parker féminin? Je suis content pour elle. On voulait aller aux JO ensemble, on a fait l’Inspe ensemble. Je ne l’ai jamais vu jouer comme ça. Elle est sur son petit nuage. J’ai l’impression que j’ai  enfin une bonne influence sur elle, parce qu’elle est super agressive. J’espère qu’elle fera une grosse finale. 

Comment expliquez-vous qu’elle soit moins médiatisée que vous?

Dans tous les sports c’est la même chose. On parle toujours plus des hommes que des femmes. Mais c’est pas moi le journaliste. Vous n’avez qu’à plus parler du basket féminin. Faut les mettre en 1ere page de L’Equipe! C’est pas moi qui vous contrôle. 

Comment peuvent-elles battre les USA?

Les Américaines, ça va être dur de les arrêter. On est bien défensivement. Si on peut garder le match serré dans les cinq dernières, on peut avoir une chance, il faut les faire douter.