Pierre Vincent, le sélectionneur de l'équipe de France  de basket, le 7 août 2012, aux JO de Londres.
Pierre Vincent, le sélectionneur de l'équipe de France  de basket, le 7 août 2012, aux JO de Londres. - MARK RALSTON / AFP

Propos recueillis par Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

Malgré un retard de treize points les filles de l’équipe de France sont donc parvenues à inverser la tendance. Pour battre la République tchèque en demi-finale du tournoi olympique, l’équipe de Pierre Vincent n’a pas joué son meilleur basket. Loin de là. Mais elle possède une meneuse d’exception depuis le début du tournoi. Avec Céline Dumerc, les Bleues peuvent aborder leur demi-finale contre la Russie plus sereinement…

Comment avez- vous réagi quand vous étiez mené de 13 points?

Ce que je leur dis, c’est qu’on n’était pas loin. De ne pas s’affoler. Je les ai trouvées très fébriles pour certaines (les Françaises). Toutes n’ont pas le même niveau de gestion de la haute compétition. Parfois, certaines sont sublimées, mais les mêmes peuvent être un peu tenues. C’est la façon de jouer qui posait problème. On n’a pas trouvé de solution. Le problème c’est les erreurs qu’on a commises. A un moment donné il y a des joueuses qui ne sont pas oxygénées. Je crois que c’est le plus mauvais match défensif qu’on n’ait jamais fait. On a commis trop d’erreurs. A un moment donné quand on est fatigué, qu’on est un peu moins bons, avoir l’énergie, l’émotion et le cerveau en même temps, ce n’est pas donné à tout le monde.

Comment expliquez-vous ce renversement de situation?

Sincèrement, je ne saurais pas expliquer comment on a fait pour revenir. Ce sont des choses qui relèvent plus du niveau mental que de la stratégie. Elles avaient du mal à défendre sur nous. Elles sont très grandes, nos arrières avaient peur de tirer. Donc on a trouvé d’autres solutions. Et puis la chance. On est dans un état mental formidable, c’est pour cela que je parle du retour des Braqueuses (le surnom des championnes d’Europe 2009). On est vraiment dans la même dynamique. J’espère qu’on sera forts contre la Russie.

Ce que fait Céline Dumerc est exceptionnel actuellement…

Moi je l’ai déjà vue dans cet état là. Je ne suis pas surpris. Je me rappelle d’un match à Nevers contre Valenciennes. Nos pivots étaient blessés. Elle a fait un match stratosphérique. En conférence de presse, je lui montre la ligne de stats avec 28 points, 80% de réussite. Je ne suis pas surpris, j’ai beaucoup travaillé avec elle. Elle est dans un état incroyable.

Elle est très détendue?

Oui, elle est là pour profiter. Je veux dire, le basket, c’et pas la guerre, on est là pour s’amuser. Quand on donne le meilleur de soi même on n’a pas de stress, on n’est pas parasité, ce qui a pu lui arriver par le passé. Elle a appris de ça. Là, elle est juste phénoménale.

Comment expliquez-vous le sentiment de confiance qui anime le groupe?

On est en confiance, mais la confiance ça se travaille. On a beaucoup travaillé aussi en équipe. L’état d’esprit du groupe est raiment bon. Tout le monde ne partira pas en vacances ensemble après, mais on est là pour jouer au basket, on connait les différences de chacune. On est prêts à donner beaucoup pour l’équipe. Je pense que c’est ça qui fait la différence. Quand on l’a on est très dangereux.