Les joueuses de l'équipe de France de football féminine, après leur défaite en demi-finale des Jeux olympiques, le 6 août 2012 à Londres contre le Japon.
Les joueuses de l'équipe de France de football féminine, après leur défaite en demi-finale des Jeux olympiques, le 6 août 2012 à Londres contre le Japon. - REUTERS

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

A la longue, Bruno Bini commence à se demander s’il n’est pas le chat noir de sa propre équipe de France. Comme lors de la dernière Coupe du Monde, l’année dernière, ses joueuses ont calé en demies des Jeux olympiques, dans un match contre le Japon qu’elles auraient largement pu remporter (1-2). Une erreur de la gardienne Bouhaddi, un pénalty raté de Bussaglia et deux buts japonais sur coups de pieds arrêtés ont précipité la fin du rêve de titre olympique de cette équipe. «Le problème, c’est que je ne sais pas gagner les demi-finales. Donc l’année prochaine, si on est en demie, je rentrerai à la maison. Ils prendront quelqu’un d’autre pour coacher l’équipe», peste en blaguant le sélectionneur de l’équipe de France.

Sauf que dans ces moments là, Bruno Bini blague à moitié. Dans ses mots, il y a surtout ce sentiment d’impuissance qui ne lui laisse même pas de regrets. La «malédiction» des demi-finales a encore frappé. Et tout ce qui entoure ce tournoi olympique est de nature à l’agacer. Dès mardi, les Bleues devront prendre un avion pour Coventry, où se déroulera jeudi le match pour la troisième place. Le match de trop pour Bini qui ne supporte déjà plus les voyages. «On n’en peut plus des changements. Moi, vendredi, dès que le tournoi est terminé, je suis dans l’Eurostar et c’est direct à Paris. J’en ai marre.»

«Ne pas reproduire ce qu’il s’est passé l’année dernière»

Après plusieurs pérégrinations à travers le pays, de Glasgow à Newcastle en passant par Londres, les Françaises semblent aussi lassées de faire et défaire leurs bagages. «Ces changements d’environnement ne nous ont pas aidé, reconnaît Ophélie Meilleroux. C’est vrai que ça fait beaucoup d’hôtels, de trajets, et ce n’est pas facile de vite s’adapter.» Malgré ces contraintes, il leur reste pourtant ce match à disputer pour décrocher le bronze, peut-être synonyme de première médaille aux Jeux d’une équipe de France féminine en sport collectif.

«Maintenant, il faut relever la tête pour aller chercher cette médaille. Il ne faut pas reproduire ce qu’il s’est passé l’année dernière», enchaîne Meilleroux qui garde en mémoire la démobilisation de l’équipe avant la petite finale contre la Suède. Mais, depuis, l’équipe a bien grandi, assure sa coéquipière Laura Georges. Cette fois, il ne sera pas question de «lâcher dans les têtes» et de tout mettre en œuvre pour finir avec le bronze autour du cou. Sinon, Bruno Bini va vraiment finir par s’en aller.