Bruno Bini et sa joueuse Laura Georges, le 28 juillet 2012? à Glasgow, lors des Jeux olympiques de Londres.
Bruno Bini et sa joueuse Laura Georges, le 28 juillet 2012? à Glasgow, lors des Jeux olympiques de Londres. - AFP PHOTO/GRAHAM STUART

Antoine Maes

De notre envoyé spécial à Londres,

Elle a à peine 21 ans, et déjà une terrible assurance. Wendie Renard, poutre de l’arrière-garde tricolore, n’est pas venu à Londres pour profiter de la cantine du village olympique, faire signer des autographes à LeBron James ou découvrir le water-polo. «Je suis là pour gagner, rien d’autre», assure la joueuse de l’Olympique Lyonnais. Bien malgré elles, les joueuses de l’équipe de France sont pourtant attendues pour beaucoup plus que ça. Entre les déboires des garçons et la promotion du foot féminin en France, leur parcours olympique est bien plus qu’une quête de médaille.

Un état de fait qui ne plaît pas vraiment au sélectionneur, alors que le groupe doit préparer sa demi-finale contre les Japonaises. «Mes filles vont faire un bon match de haut niveau. Elles n’ont pas la responsabilité du développement du football féminin sur leurs épaules», tonne Bruno Bini. Pour lui, il y a presque une forme d’injustice autour de ce qu’on veut faire de son groupe. «Les filles doivent toujours plus prouver, et c’est valable dans la société aussi. On va aux JO, ça ne suffit pas. On se qualifie en quart, ça ne suffit pas. On est en demi, ça ne suffit pas. Mais on s’en fout de ça!», s’emporte le tacticien tricolore.

«La participation des Bleues aux Jeux va certainement permettre de continuer de faire rêver les petites filles»

Depuis qu’elles ont éclaté publiquement, l’an dernier au mondial allemand (4e place), les Bleues ont explosé médiatiquement. Effet direct sur le nombre de licenciées, qui est passé de 60.000 à 83.000 (contre 900.000 en Allemagne…). A la FFF, l’objectif est d’atteindre le plus vite possible la barre des 100.000, en misant évidemment sur l’équipe de France. «La participation des Bleues aux Jeux va certainement permettre de continuer de faire rêver les petites filles. Les audiences des rencontres féminines télévisées la saison dernière sont très satisfaisantes. Ce coup de pouce médiatique vient compléter notre action en popularisant la discipline», se satisfait Brigitte Henriques, secrétaire générale de la fédération, en charge du développement du foot féminin.

Une réalité dont sont finalement très au courant les joueuses de l’équipe de France. «On est là pour jouer une compétition. On veut une médaille pour tout le travail accompli, assure Sonia Bompastor, l’une des anciennes du groupe France. Et, si on l’a, c’est sûr que ça fera avancer les choses beaucoup plus vite», assure la joueuse de l’OL. Et dans ce cas, peut être qu’un jour, on arrêtera de les comparer avec les garçons.

La demi-finale des Bleues est à suivre en live comme-à-la-maison