La joueuse de beach-volley Maria Antonelli le 2 août 2012 à la fin d'un match aux Jeux olympiques de Londres.
La joueuse de beach-volley Maria Antonelli le 2 août 2012 à la fin d'un match aux Jeux olympiques de Londres. - D.Martin/AP/Sipa

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

Du soleil, du sable fin, de la musique et des filles en bikini. Copacabana au cœur de Londres, c’est possible grâce au tournoi olympique de beach-volley. Un spectacle qui se déroule à deux pas de Westminster, sur la prestigieuse place de Horse Guard Parade. Et qui n’intéresse pas seulement les fans du service smashé ou de la réception en manchette. Voici le type de public rencontré dans les travées du stade de beach-volley…

Les supporters passionnés. Ceux-là portent généralement le maillot ou le drapeau du pays qu’ils supportent. Les Brésiliens, Américains et Néerlandais sont sans surprise les plus nombreux. Présent pour encourager la paire brésilienne, Oliver joue les connaisseurs avec son maillot de Giba, la star du volley auriverde, sur les épaules. Avant les Jeux, il était à Klagenfurt en Autriche pour un tournoi international et pour lui, le niveau est assez décevant depuis le début du tournoi. Ketlin et Martijn, un couple de Néerlandais expatriés à Oxford, attendent aussi les demi-finales pour se régaler. Tous deux se présentent comme des passionnés de ce sport qu’ils pratiquent sur le «beach volley-ball tour» anglais (si, si, ça existe). Sur place ils s’épargnent au moins les commentaires approximatifs de la BBC: «A la télé, les commentateurs sont nuls, horribles. Ils ne connaissent même pas les noms des joueurs», s’indigne Ketlin, qui rêve d’un effet JO au Royaume-Uni pour booster l’intérêt du beach volley. Vu l’état des plages anglaises, ce n’est pas gagné.

Les Londoniens curieux. De tous les sports des Jeux, le «beach» est le seul où les athlètes partagent la vedette avec un DJ. Entre chaque point, c’est lui qui encourage le public à se lever, chanter, et se déhancher. Résultat, il n’y a jamais autant d’ambiance dans le stade qu’au changement de côté, quand les danseuses brésiliennes exécutent leur show. Pour les Londoniens pas forcément attirés par les sports traditionnels des Jeux, cette ambiance «Copacabana» est idéale pour prendre part à la fête olympique. En congé cette semaine, Emmy y a vite succombé. A vraie dire, elle ne s’est pas penchée sur les règles de la discipline avant de s’asseoir en tribunes avec deux copines. «Je n’avais jamais vu ça de ma vie et je ne regrette pas d’avoir acheté les tickets il y a trois mois. On ne connaît pas les joueurs, mais c’est vraiment génial. Il y a du soleil et l’ambiance est fun avec la musique. Vous direz au DJ qu’il est vraiment génial. C’est le meilleur endroit des Jeux.» Dommage qu’il y ait un peu de sport entre les changements de côté.

Les fans de bikinis. Qui dit beach-volley dit chaleur. Et qui dit chaleur à la plage dit maillot de bain. Quand le temps le permet à Londres, les joueuses sortent donc l’accessoire phare de la discipline, le bikini. Et bizarrement, les tribunes se remplissent beaucoup plus vite. «Je suis un homme, vous croyez vraiment que je viens ici pour l’ambiance, se marre Conor un étudiant de Dublin. On préfère clairement les matchs des filles à ceux des mecs. Elles sont super. Ce sont les plus belles des JO avec les gymnastes.» Comme lui, Laugie et Thomas, deux touristes danois de 21 ans ont trouvé à Horse Guard Parade le lieu idéal pour terminer leurs soirées alcoolisées. «On vient juste pour voir les filles bien sûr. Avant ça, on a vu le contre-la-montre et le hand. Alors là, ça nous change un peu.» Le public du beach-volley assume donc un petit côté voyeur mais pas pervers. Quoi que. Assis au quatrième rang dans la largeur du terrain (détail important en réception de service…), Lois (c’est une femme) et Michael ne loupent pas une miette de ce spectacle ensablé. Pour voir le beach-volley, ce couple de retraités américains s’est déplacé de Washington. «J’accompagne mon mari parce qu’il est fan des joueuses. Il les trouve très athlétiques.» En tout cas plus que Madame, la soixantaine bien tapée, pas jalouse pour un sou quand son mari rempli son appareil photo de fessiers cambrés. «Mais bien sûr que je le laisse regarder! Moi j’adore les Italiens. Ils sont magnifiques. D’ailleurs, j’aimerais bien qu’ils jouent en maillot moulant eux aussi.» Dommage, la carte mémoire de Monsieur est déjà saturée.