La judoka française Audrey Tcheumeo, lors d'un combat le 2 août 2012 aux Jeux olympiques de Londres.
La judoka française Audrey Tcheumeo, lors d'un combat le 2 août 2012 aux Jeux olympiques de Londres. - REUTERS

Romain Scotto, à Londres

De notre envoyé spécial à Londres,

«Je ne voulais pas ça», «Je ne voulais pas ça». Audrey Tcheumeo n’a pas attendu de descendre du tatami pour livrer ses premiers mots, après sa troisième place chez les moins de 78kg. Victorieuse du match pour la médaille de bronze, la judoka visait beaucoup plus haut et n’a pu retenir ses larmes malgré sa victoire. La cinquième médaille de bronze décrochée par l’équipe de France de judo avait un goût plutôt rance dans la bouche de la championne du monde en titre qui a finalement retrouvé une ébauche de sourire sur le podium.

«C’est une belle médaille, mais ce n’est pas celle que je voulais. C’est la règle du jeu. On me dit que je n’ai que 22 ans, mais celle qui gagne (l’Américaine Harrison) aussi. Ça me dégoute encore plus», sanglote la Française, déçue d’avoir craqué physiquement en demi-finale contre l’Anglaise Gibbons en golden score. Réconfortée par Brahim Asloum, qui la connaît depuis qu’elle s’entraîne à l’Insep, la judoka assure qu’elle aura «beaucoup de mal à sécher ses larmes. Ça va être très dur parce que j’étais bien toute la journée et en demie, je ne sais pas, ça passait pas. Je pense que je n’ai pas donné le meilleur à cause de la pression.»

Sans les mots de son entraîneur, Cathy Fleury, elle n’aurait jamais trouvé la motivation pour décrocher le bronze. Elle m’a dit: «t’as pas le choix». Son premier entraîneur, Omar Ghezzar assure quant à lui qu’elle ne mettra pas longtemps à sécher ses larmes: «Elle voulait de l’or, oui, mais il y a des gens qui rêvent d’une médaille olympique toute leur vie. Elle va s’en remettre très vite. Dès demain, ça ira. Elle continuera à s’entraîner et elle reviendra très fort.» Les Jeux de Rio, dans quatre ans, servent à cela.