JO 2012: Mahiedine Mekhissi-Benabbad, l'homme qui n'aime ni les mascottes, ni les Kenyans

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Publié le 6 août 2012.

ATHLETISME - Médaillé d'argent surprise à Pékin, le spécialiste du 300m steeple est un personnage à part...

De notre envoyé spécial à Londres,

Les conférences de presse de groupe sont souvent le meilleur moyen de juger de la popularité d’un sportif. Quand la délégation française organise une rencontre avec une quinzaine des sprinteurs, sauteurs ou lanceurs qui attaqueront les JO d’ici la fin de la semaine, la majorité des médias se concentre sur un seul homme: Mahiedine Mekhissi-Benabbad. Ce type de 27 ans est certes vice-champion olympique du 3000m steeple, mais pour le grand public, c’est avant tout l’homme qui s’est battu avec Mehdi Baala, ou le gars qui a bousculé une mascotte à l’arrivée d’une course il y a quelques semaines.

Il est donc la star de l’athlé français, et pas uniquement pour de bonnes raisons. «Il y a une différence énorme entre ce qu’il est et l’image qu’il renvoie. C’est un bosseur, il rit, il fait des blagues, il déconne. Il n’a pas la notoriété qu’il devrait avoir», assure Vincent Zaouai-Dandrieux, l’autre tricolore du steeple. Pour le moment, il est donc «radieux, avec une grosse envie de bien faire», promet Ghani Yalouz, le DTN de l’athlé bleue. Pour lui, il n’y a d’ailleurs aucun souci à gérer un cas comme celui-là, parce que «tous les athlètes ont un profil atypique, hors du commun. La tricherie c’est impardonnable, mais l’erreur humaine, ça passe», reprend Yalouz. 

«Moi je marche à la déception, à l’échec» 

Ça passe surtout chez celui dont on n’oublie trop souvent la dimension sportive, pour ne retenir que ses sautes d’humeur. D’autant que sa naissance aux yeux du grand public, dans le sillage de sa médaille d’argent surprise, avait fait émerger des suspicions qui lui restent toujours coincées dans la gorge. Au fond, c’est tant mieux: «Ça m’a permis d’avancer, j’ai une envie supplémentaire de prouver que je n’étais pas là par hasard. Moi je marche à la déception, à l’échec», assure Mahieddine Mekhissi-Benabbad. 

L’échec, il connaît d’autant mieux qu’il passe ses saisons à perturber les trains kényans qui circulent sur la planète steeple. Ce sera encore le cas à Londres, où il représente le seul espoir de voir un Européen s’imposer. Ce dont il tire visiblement une grande fierté. «Pour les podiums internationaux, il y en a toujours un qui me barre la route. Mais à l’intérieur du peloton, c’est une sensation magique. Quand tu te retrouves tout seul avec eux et que tout le monde a lâché, c’est kiffant», promet Mekhissi. 

Ça l’est beaucoup moins quand ces adversaires s’ingénient à le faire dérailler, comme à Daegu, lors des derniers championnats du monde. Lancé vers l’argent, il est ralenti par un écart de Kipruto qui le prive de la deuxième place. «On a des comptes à régler», prévient déjà le Rémois, dont on jurerait qu’il adore cette situation, façon Far West. «Avec les Kényans, on se craint. Ils me connaissent, je les connais. Si c’est facile, ce n’est pas beau. Ce n’est pas quand il manque quelqu’un qu’on peut se sentir vraiment champion olympique», lance Mekhissi-Benabbad. Et la mascotte des Jeux? «Pour l’embrasser, il faut gagner.» Dans le cas contraire, on souhaite bon courage au type qui sera sous le costume.

Antoine Maes
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