Londres 2012: Sarah Hanffou, la Française qui fait les Jeux avec le Cameroun

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Publié le 28 juillet 2012.

JO - La pongiste a connu une trajectoire inverse à Venceslas Dabaya ou François Mbango...

De notre envoyé spécial à Londres,

Elle a fait le chemin inverse. Dans l’histoire de l’olympisme français, on a surtout l’habitude de voir les athlètes camerounais finir par représenter la France. C’est le cas encore à Londres, avec l’haltérophile Venceslas Dabaya ou la triple-sauteuse Françoise Mbango. Vendredi soir, lors de la cérémonie d’ouverture, il y aura pourtant bien une athlète issue de la formation française derrière le drapeau camerounais. «Ça s’est enchaîné sans que j’aie vraiment à me poser la question», explique la pongiste Sarah Hanffou, 25 ans, de mère française et de père camerounais.

 

Evidemment, elle ne sort pas de nulle part. Elle a même souvent porté le survêtement de l’équipe de France en compétition internationale. Et puis un jour de 2007, elle a dit stop. «J’avais fait trois ans à l’Insep. Pour que je m’investisse plus, il aurait fallu que j’arrête mes études», sourit Sarah Hanffou. Aujourd’hui, après avoir décroché un doctorat de droit, elle est devenue juriste pour l’armée française. Et ne pensait pas vraiment à se retrouver nez à nez avec Michael Phelps au coin du village olympique il y a encore un an.

 «Il y a des pays qui font signer des papiers et hop c’est parti»

 Encore moins en pratiquant un sport qui a pris pour habitude de naturaliser dans les grandes largeurs les athlètes chinois. En France, le processus n’est pas aussi violent qu’ailleurs «parce qu’elles sont là depuis longtemps et qu’elles parlent français», assure Sarah Hanffou. C’est le cas de Yi Fang Xiang, naturalisée française en 2005, qui pourrait affronter la Franco-camerounaise au 2e tour. Histoire de bien souligner les contorsions du tennis de table européen, dont la plupart des concurrentes viennent d’Asie. «Chez les filles, c’est assez mal vécu. Ça en a découragé quelques-unes. En France ça se passe très bien. Mais il y a des pays qui font signer des papiers et hop c’est parti», grince Sarah Hanffou.

 Elle est de toute façon loin de ce débat. «Quand j’ai décidé d’arrêter l’équipe de France, je ne pensais pas du tout aller avec le Cameroun», assure-t-elle. Mais aussi parce que le Cameroun est bien plus qu’une histoire de passeport pour elle. «J’ai fondé une association là-bas, Ping sans frontière. On essaie d’entraîner les jeunes et de former des entraîneurs. L’idée, c’est de laisser quelques tables dans les écoles, pour que le quartier puisse s’en servir et qu’au lieu de traîner dans les rues, les jeunes jouent au ping-pong», s’enthousiasme Sarah Hanffou. Un jour, l’un d’entre eux, finira peut-être par aller aux Jeux avec la France.

Antoine Maes
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