Londres 2012: «Mes mains de gymnaste», par Hamilton Sabot

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Publié le 28 juillet 2012.

JO - L'outil de travail du Français est extrêmement mis à l'épreuve, à l'entraînement comme en compétition...

De notre envoyé spécial à Londres,

Les rugbymen ont leurs choux-fleurs, les cyclistes leur bronzage et les gymnastes… leurs mains calleuses. Hamilton Sabot, engagé dès samedi dans les qualifications des barres parallèles, a appris à soigner son «outil de travail», particulièrement malmené par dix-huit ans de pratique. Juste avant d’entrer dans ses JO, le gymnaste français présente ses mains, à rendre dingue n’importe quelle manucure.

«Mes mains, je dois en prendre soin en permanence, tout simplement. J’aurais bien aimé un peu de crème hydratante pour enlever le blanc que j’ai à l’intérieur avant la compétition. Au niveau esthétique ce n’est pas terrible, on a beaucoup de callosités. De la corne même. Du coup, chacun a un protocole différent pour les traiter. Les gymnastes en prennent plus ou moins soin. Moi, j’enlève le surplus de corne quelquefois. On appelle aussi ça des “steaks”. Quand on en a, on essaie de les enlever le plus rapidement possible pour retourner à l’entraînement.

En ce moment, j’ai une petite blessure cutanée. J’essaie de l’oublier pendant les mouvements. J’ai un bout de peau qui n’arrête pas de s’arracher et qui ne se soigne pas correctement. C’est un peu infecté. Du coup, j’ai beaucoup de mal à faire ce que je veux car aux barres parallèles, on tire beaucoup dessus. On a vraiment besoin de la paume de main. Je ne peux pas travailler avec autant de sérénité que je voudrais. Mettre un bandage ne sert à rien. Ce genre de problèmes est récurrent en gym, c’est notre quotidien. Je fais avec depuis dix-huit ans.

Malgré ça, je n’ai pas changé mon programme pour les Jeux. Je n’ai pas amoindri mon mouvement. En revanche, j’ai été obligé de limiter un peu les charges de travail pour ne pas que ça craque trop. Avec l’équipe médicale, on a tout essayé. Les crèmes, le dermato. Là j’ai une double peau qui empêche d’humidifier la main. Je passe la nuit sans rien pour qu’elle sèche.

La corne, ça protège la main tout simplement. Ce n’est pas anodin si physiologiquement on a une grosse couche de peau qui pousse sur les mains. Et notamment sur les endroits où ça frotte beaucoup. Chacun en prend soin comme il le veut. Moi j’essaie de trouver un juste milieu. Quand j’ai trop de corne, ça sèche trop et du coup, ça craque et ça fait des fissures qui peuvent me gêner dans mon entraînement. Mais il ne faut pas non plus qu’elles soient trop molles. Je sais que beaucoup de gymnastes n’aiment pas rester dans un bain chaud car ça ramollit les mains. Ils refusent aussi de faire la vaisselle. C’est plutôt une bonne excuse...»

Propos recueillis par Romain Scotto, à Londres
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