Les membres de la Royal Navy, lors de la cérémonie d'ouverture du village olympique, le 22 juillet 2012 à Londres.
Les membres de la Royal Navy, lors de la cérémonie d'ouverture du village olympique, le 22 juillet 2012 à Londres. - J.Hong/AP/Sipa

Romain Scotto

De notre envoyé spécial à Londres

Pas un balcon ou un rebord de fenêtre de libre à l’horizon. A Londres, l’arrivée des athlètes au village olympique se caractérise par un concours de drapeaux, étalés les uns à côté des autres sur les bâtiments où résident 10.500 athlètes pendant les Jeux. Celui des Français figure en bonne place au cœur de cette cité-dortoir, depuis que les gymnastes, archers, escrimeurs, cyclistes ou nageurs sont descendus de l’Eurostar. «On s’y sent très bien, observe le gymnaste Pierre-Yves Bény. A Athènes par exemple [en 2004], ce n’était pas fini, là tout est très vert, très chouette. C’est parfait. J’aime bien le coin de la maison France avec une petite terrasse.»

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Erwann Le Péchoux, qui a connu les deux précédents villages, a lui aussi très vite trouvé ses marques au milieu de ces espaces verts, bassins et chaises longues disposées autour de l’espace France. «C’est un lieu oppressant avec des grands bâtiments, mais en même temps très reposant. C’est surprenant et agréable. On essaye de ne pas trop y rester parce qu’il y a moyen de se sentir plus au club Med qu’au village olympique.» A cinq jours de son entrée en lice dans la compétition, l’Aixois s’est juste autorisé quelques balades autour de la «zone internationale», un peu de shopping et un passage éclair du côté de la salle de jeux vidéo.

Pause photo pour Tsonga

Car dans ce lieu réputé pour son aspect festif, les tentations sont nombreuses. «Au self, il y a beaucoup, beaucoup de choix de nourriture. Il y a moyen d’y passer beaucoup de temps et de prendre du poids si on ne fait pas attention», enchaîne Le Péchoux. Son camarade Gauthier Grumier, qui a hérité d’une «suite parentale» à six places, a déjà testé le distributeur de boissons. Comme tous les athlètes, il dispose d’un jeton en forme de bouteille de soda qu’il suffit d’agiter pour ouvrir la caverne d’Ali Baba. «Tu sélectionnes ce que tu veux en agitant cela devant le distributeur. J’ai un peu joué avec pour remplir le frigo de l’appartement. Mais je n’ai pas bu un soda depuis que je suis arrivé à Londres.»

L’autre activité en vogue consiste à repérer les «stars» du village pour quémander une photo, voire un autographe. L’escrimeuse de 20 ans Ysaora Thibus n’y a pas résisté en croisant Jo-Wilfried Tsonga. «J’étais comme une gamine. J’ai fait une photo avec lui. On a discuté, je lui ai fait une blague sur les Kinder, il a rigolé.» Même émerveillement dans la bouche de la gymnaste Youna Dufournet: «J’étais super-impressionnée en voyant les tennismen. C’était beaucoup d’émotion pour nous. On n’a pas l’occasion de les côtoyer tous les jours.» Pendant la quinzaine, ils partageront pourtant beaucoup plus qu’un simple toit: un rêve olympique et une même ambition de médaille.