Les anneaux olympiques à l'entrée du village de Londres, le 12 juillet 2012.
Les anneaux olympiques à l'entrée du village de Londres, le 12 juillet 2012. - L.Neal/AFP

Romain Scotto

Vingt-huit sports, trente-huit disciplines et 4.700 médailles, ce n’était pas assez pour satisfaire tous les athlètes sélectionnés aux JO. Pendant les seize jours de compétition, certains auraient tendance à faire autant d’effort dans leur chambre que dans leurs épreuves respectives, comme l’expliquent plusieurs sportifs américains dans une enquête d’ESPN Magazine. Même si «ce qui se passe au village doit rester au village», ceux-ci dévoilent la face cachée des Jeux, où les athlètes sont plus focalisés sur leurs parties de jambes en l’air qu’une éventuelle finale. «Il y a beaucoup de sexe au village. Je dirais que ça concerne 70 à 75% des athlètes présents», indique le nageur Ryan Lochte, grand rival de Michael Phelps.

Avec 100.000 préservatifs distribués dans le village, il y a de quoi s’occuper pendant deux semaines. Dans un lieu où les caméras ne sont pas autorisées et où l’encadrement n’est pas le bienvenu, les sportifs profitent donc de l’événement à 100%: «Dans une expérience qui n'arrive qu'une fois, vous voulez construire des souvenirs, qu'ils soient sexuels ou sportifs. J'ai vu des gens faire l'amour dehors, sur l'herbe, entre les immeubles» poursuit Hope Solo qui ne dit pas tout de ses soirées à Pékin en 2008, «son secret olympique.» Le lanceur de javelot Breaux Greer, se souvient de la forme olympique des gymnastes féminines: «Même si on dirait qu'elles ont 7 ans, elles en ont 20. Elles se lâchaient avec les garçons du water-polo et du judo qui partageaient leur salle d’entraînement.»

Les Français ont la cote

Evidemment les Français sont aussi concernés par ces troisièmes mi-temps. Jean-Claude Perrin, l’entraîneur des perchistes des années 80, confirme: «Ils ont toujours eu une cote très surprenante. On avait d’excellents contacts avec les athlètes des pays de l’Est. J’ai connu de très belles histoires d’amour d’athlètes français.» Cela fait partie de la «vie d’aventure» prônée par l’ancien coach de Pierre Quinon, désormais consultant radio. «L’athlète est un aventurier. Sa vie athlétique est courte et intense. On ne programme pas la rencontre avec une blonde ou une brune.»

Pour motiver ses troupes avant les Jeux, il lui arrivait même de parler de ces flirts d’été à ses athlètes. Ceux qui n’avaient pas tout à fait le niveau trouvaient là un moyen supplémentaire pour performer. Mais cela peut aussi jouer des tours à certains. Benjamin Stasiulis, le nageur engagé sur 100m et 200m dos, ne commettra pas cette année la même erreur qu’il y a quatre ans. S’il devait changer quelque chose dans sa façon d’aborder les Jeux? «Arriver à Londres célibataire...», soupire l’ancien compagnon d’une médaillée olympique.

Dans l’enquête d’ESPN, la joueuse de foot américaine Brandi Chastain raconte aussi l’une de ses soirées aux Jeux d’Atlanta. Les joueurs de l’équipe de France de handball, quatrièmes du tournoi, n’étaient alors pas les derniers à mettre l’ambiance, vêtus de simples «chaussettes, chaussures, coquilles de protection, cravates et chapeaux. Ils se nourrissaient mutuellement debout sur une table. On s’est dit: c’est quoi cet endroit?» Juste un lieu où on ne s’amuse pas seulement en gagnant des médailles.