L'attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic, le 19 juin 2012, à Kiev.
L'attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic, le 19 juin 2012, à Kiev. - GENYA SAVILOV / AFP

Antoine Maes

«On est loin de la fiche d’impôts de beaucoup de monde en France». Marylène Bonny-Grandil, avocate fiscaliste chez Altexis, s’est penchée sur les rentrées fiscales qu’engendrerait la signature au PSG de l’attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic. Sur la base d’un salaire net de 14 millions d’euros annuels, l’Etat français devrait s’en donner à cœur joie.

L’impôt sur le revenu et cotisations sociales: «On est dans le cadre de la législation sur la contribution exceptionnelle des hauts revenus», détaille Marylène Bonny-Grandil, qui sort donc calculette. Pour gagner 14 millions d’euros nets par an, il faut tabler sur un salaire brut de 25.407.000 euros. Le calcul est simple: une fois que le PSG aura fait la déclaration de son attaquant en ligne, l’Etat lui réclamera 11.407.000 euros au titre de l’impôt sur le revenu. Ensuite, les dirigeants parisiens ne devront pas oublier de régler leurs cotisations sociales. «Généralement, il faut tabler sur 30% du salaire brut», suggère Marylène Bonny-Grandil. Soit 7.500.000 euros que le PSG devra verser. Au total, l’Etat français peut espérer récupérer un peu moins de 19 millions d’euros par an si Zlatan Ibrahimovic se décidait à rejoindre la Ligue 1. 

L’éventuelle taxe Hollande: Le président devrait proposer un impôt exceptionnel, «la taxe Hollande», qui propose de taxer à 75% des revenus après le premier million. Si celui-ci n’est pas encore voté, il fait partie des promesses de campagne. Et dans ce cadre, le coût salarial d’Ibrahimovic exploserait. «Pour qu’il lui reste 14 millions dans sa poche, le coût total pour le PSG s’approche de 70 millions d’euros annuels», assure Marylène Bonny-Grandil. Sur cette somme il faudrait verser près de 40 millions d’euros d’impôts sur le revenu, sans oublier les cotisations sociales, qui s’élèveraient alors à 16 millions d’euros. Un véritable jackpot. 

Les astuces pour payer moins: Zlatan Ibrahimovic serait très avisé de postuler au régime dit des «impatriés». «Il est ouvert aux personnes qui s’installent en France pour exercer leur activité et qui n’ont pas été résidents dans les cinq années précédentes. On pourrait bénéficier d’une exonération sur le revenu qui est forfaitairement de 30%», assure Marylène Bonny-Grandil. Par ailleurs, le joueur serait exonéré d’ISF pendant cinq ans, soit la durée maximale envisagée pour son contrat au PSG, mais serait quand même imposé sur tous ses biens acquis en France (immobilier, actions…). Enfin, il y a peu de chance qu’il investisse réellement en France. «Les valeurs immobilières on ne sait pas trop, les placements financiers sans risque ne rapportent que 1% à 2%...», remarque la fiscaliste. Malgré tout ça, les plus fervents supporters du PSG sont sans doute à Bercy, au ministère des finances.