0 contributions
Publié le 11 juillet 2012.

Si sa vie est consacrée à la quête spirituelle, Kenki Sato, jeune moine boudhiste japonais du temple de Myoshoji, sera d'abord un sportif quand il chevauchera sa monture lors du concours complet d'équitation, aux jeux Olympiques de Londres.

La tête rasée, Kenki Sato, 28 ans, commence chaque journée par une prière. Comme son jeune frère Eiken, qui lui aussi a suivi une formation pour devenir prêtre et lui aussi a participé aux Jeux dans les épreuves d'équitation, à Pékin en 2008. Et comme sa soeur Tae, 24 ans, cinq fois championne du Japon de saut d'obstacles.

Son père Shodo, 25e Maître de ce temple vieux de 460 ans, était membre de l'équipe japonaise d'équitation avant les Jeux de Moscou en 1980. Mais son rêve olympique s'était éteint avec le boycottage des Jeux par Tokyo.

Kenki Sato est actuellement libéré de ses obligations religieuses, dans les montagnes proches de Nagano, afin de pouvoir s'entraîner pour Londres. Parmi ses partenaires, Hiroshi Hoketsu, 71 ans, qui participera lui à l'épreuve du dressage.

Il y a peu de chance qu'ils parviennent à mettre fin à la disette de 80 ans du Japon à la recherche d'une seconde médaille olympique en équitation, après celle du Baron Takeichi Nishi en saut d'obstacles aux Jeux de 1932 à Los Angeles. Mais Sato voit cette participation aux JO comme une expérience spirituelle.

"Je vais apprendre quelque chose en tant qu'être humain quand je vais rencontrer ces gens de différentes religions et de différentes langues", explique Sato: "je veux m'en servir pour nourrir mon parcours vers la révélation spirituelle en tant que boudhiste".

En 2008, quand son frère participait aux Jeux de Pékin, Sato était en pleine année d'apprentissage pour la prêtrise, reclus dans un prestigieux temple Zen.

"Mon vieux Maître m'avait passé en cachette une coupure de journal qui parlait de mon frère, j'étais si heureux que j'avais fondu en larmes", se rappelle-t-il: "quelque part, dans mon for intérieur, je ne voulais pas être dépassé par mon petit frère et cela s'est transformé en une énorme énergie qui m'a permis de poursuivre mon chemin en tant que sportif".

Deux ans plus tard, en 2010, Sato gagne l'or en individuel et par équipes aux Jeux Asiatiques, et il finit 35e aux Championnats du monde.

Son voyage vers Londres a commencé en fait à l'âge de sept ans, quand il a commencé à s'entraîner sous la direction de son père: "je pense que cela est notamment dû au fait que mon père n'a jamais pu participer aux JO", reconnaît-il aujourd'hui.

Sato père, 61 ans, a fait se rejoindre les mondes du boudhisme et de l'équitation, après avoir grandi entourés de chevaux, dans les montagnes de Nagano, où ces animaux étaient le seul mode de transport ou presque quand il était enfant.

Il avait commencé l'équitation en tant que sport alors qu'il fréquentait une université boudhiste à Tokyo, et il avait ensuite ouvert un club d'équitation près de son temple, en 1979. Au sommet d'une colline parsemée de pierres tombales.

Interrogé sur sa déception après son absence aux Jeux de Moscou, pour cause de boycottage politique après l'invasion soviétique de l'Afghanistan, Sato père reste philosophe. "Je ne vis pas dans le passé, c'était juste les circonstances de l'époque", explique-t-il d'une voix douce.

Sato fils lui s'est entraîné avant Londres avec le champion du monde et d'Europe en titre de concours complet, l'Allemand Michael Jung, près de Stuttgart, en Allemagne.

Mais une grande partie de sa préparation consiste en de la méditation, chez lui, à la maison. "Quand je m'assied et que je croise les jambes, cela me calme et me donne l'impression que je peux tout faire".

Kenki Sato ne compte cependant pas que sur la prière: "en principe, ma croyance recommande de ne pas compter sur les autres", sourit-il, "mais quand la compétition sera finie, je pense qu'il sera important de remercier mon cheval, mon palefrenier et ma famille".

© 2012 AFP
Mots-clés
Newsletter
SPORT

En fin de matinée retrouvez toutes les infos indispensables du sport

publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr